Le Premier ministre se rend ce mercredi à Mayotte. Sur l'archipel, le locataire de Matignon doit préciser la reconstruction du département, plusieurs mois après le passage destructeur d'un ouragan, et la lutte contre l'immigration illégale. Une visite qui se déroule seulement quelques jours après celle du candidat à l'élection présidentielle, Edouard Philippe.
La visite ne doit rien au hasard. Ce mercredi, le Premier ministre Sébastien Lecornu se rend à Mayotte pour entamer une visite de deux jours sur l'archipel. Objectif : accélérer les projets. Mais avant de parler de la reconstruction du 101e département, un an et demi après le passage du cyclone Chido, le locataire de Matignon se rendra d'abord au poste de commandement opérationnel de l’action de l’État en mer.
Car à Mayotte, l’État peine toujours à tenir sa frontière maritime. L’archipel compte désormais 323 000 habitants. Près d’un sur deux est de nationalité étrangère, selon le dernier décompte détaillé de l’Insee.
Les arrivées depuis les Comores continuent d’accentuer la pression. Pour Matignon, la lutte contre l’immigration clandestine est un enjeu existentiel de souveraineté, de sécurité et d’accès aux services publics.
Contrecarrer la visite d'Edouard Philippe
Sébastien Lecornu promet donc de renforcer le contrôle civil et militaire des eaux françaises... Reste à savoir avec quels moyens.
Surtout, cette séquence intervient cinq jours après les annonces défendues sur place par Édouard Philippe. Le candidat Horizons a promis de "fermer totalement les vannes" en suspendant pendant cinq ans le droit du sol, les demandes d’asile et le regroupement familial.
Mais ce sont des promesses pour 2027. Sébastien Lecornu, lui, est aujourd’hui aux commandes. À Mayotte, la fermeté du gouvernement se mesurera aux moyens engagés pour empêcher les entrées clandestines.