Que vaudra le millésime 2026 ? Après un été de tous les records en termes de canicule et de sécheresse, les vendanges ont débuté bien plus tôt que prévu. Des aléas climatiques qui ne sont pas sans conséquences sur la qualité des raisins destinés à la vinification.
L'été 2026 a particulièrement été marqué par les épisodes caniculaires et la sécheresse, qui ont eu de nombreuses répercussions sur le monde agricole notamment. Les viticulteurs ont, par exemple, été contraints de débuter les vendanges avec plusieurs semaines d'avance, en raison de la maturité précoce des raisins. Mais qu'en est-il de la qualité de ces fruits qui feront le millésime 2026 ?
Des vignes dégarnies et des raisins moins gros
Dans les vignes du domaine Mallet, les vendanges battent leur plein. Au milieu de ses 25 employés, Alexandre Mallet veille au grain. Sécateur en main et panier à ses pieds, le propriétaire découpe et récolte les fruits, sans laisser la moindre grappe aux oiseaux, car chaque perte représente "une bouteille en moins", comme il lance en souriant à l'un des cueilleurs.
Il faut dire qu'entre les gelées du printemps et la sécheresse de cet été, chaque raisin est bon à prendre. Comme il l'explique, "le rendement est très faible cette année. Il y a moins de 1kg de raisin par pied de vigne, or pour faire une bouteille, il faut compter 1,2kg de raisins. Pour espérer faire une bouteille cette année, il faudra sûrement utiliser deux voire trois pieds de vigne".
Et le bât blesse également sur la physionomie des fruits. "On a des raisins qui pèsent moins lourd. Normalement, une grappe pèse environ 120g, et là, nous sommes sur des poids moyens aux alentours de 80g", poursuit le professionnel.
"Une année exceptionnelle"
Malgré cela, les fruits ne sont pas moins savoureux. Effectivement, avec l'été ultra ensoleillé qui a régné en France, les raisins "sont gorgés de soleil et donc bien plus sucrés", selon Alexandre. En bouche, le constat est sans appel, "les fruits sont très peu chargés en eau, mais particulièrement sucrés et c'est ce sucre naturel qui va se transformer en alcool", explique Alexandre Mallet.
"Nous n'aurons pas besoin d'ajouter de sucre, ce qui s'appelle la chaptalisation, et c'est grâce à ça qu'on va avoir un millésime exceptionnel". Car oui, le viticulteur est catégorique, l'année 2026 sera sensationnelle pour le vin.
S'il y aura moins de bouteilles de ce millésime que les années précédentes, Alexandre va tout de même pouvoir produire ses 35.000 quilles annuelles, et ce, sans gonfler les prix. Effectivement, "le Champagne a la chance d'avoir du vin de réserve, c'est-à-dire des vins qui sont gardés pour les années de vaches maigres et qui servent à produire des vins non-millésimés, autrement dit des vins qui ne sont pas datés".