Après avoir purgé une peine de 12 ans de prison pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes", un djihadiste algérien pourrait se retrouver en liberté en France dans les prochaines semaines, faute de pouvoir l'envoyer en Algérie.
Une nouvelle situation ubuesque, symbole des limites administratives et des tensions persistantes avec Alger. Un djihadiste algérien âgé de 42 ans, récemment sorti de prison après avoir purgé une peine de 12 ans pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes", se retrouve bloqué en France.
L’homme, sous OQTF et actuellement placé dans un centre de rétention administrative, souhaite pourtant retourner en Algérie. Pourquoi la France est-elle pour le moment obligée de garder cet ancien combattant de l’État islamique encore très radicalisé ?
"Il ne faudra pas pleurer quand il y aura un fait divers"
Faute de laisser-passer consulaire, la situation est pour le moment figée, malgré les demandes d’extradition : Alger fait la sourde oreille. Pourtant, le djihadiste possède seulement la nationalité algérienne.
Puisque même s’il est né à Évreux, il a fait une demande pour être déchu de celle française en novembre 2024 afin de pouvoir repartir en Algérie. Sa demande a été acceptée, mais depuis, la situation est au point mort.
Il est donc désormais en situation irrégulière, sous obligation de quitter le territoire français. La France est pour le moment obligée de le garder, à ce stade, en centre de rétention administrative. Une situation de blocage extrêmement sensible, puisque d’après la loi, un retenu ne peut être gardé plus de 90 jours.
Pour lui, cela peut monter à 180, voire 210 jours, car condamné pour terrorisme. Étant donné qu’il y est retenu depuis le 10 avril dernier, il pourrait être ainsi libéré dans les prochaines mois, soit le 9 octobre, voire le 6 novembre.
Un homme au profil très dangereux, encore fortement radicalisé. Il aurait notamment déclaré devant un juge : "Laissez-moi en France, mais il ne faudra pas pleurer quand il y aura un fait divers."
Des menaces inquiétantes venant de cet homme encore acquis à la cause de l’État islamique.