L'ouverture à la concurrence du rail transmanche se précise. Virgin devra toutefois encore franchir plusieurs étapes avant de pouvoir proposer ses premiers trajets entre Londres et le continent, notamment en matière de matériel roulant et de sécurité.
Le régulateur britannique du rail (ORR) a annoncé lundi 17 août autoriser le groupe Virgin à accéder à partir de 2030 à la ligne à grande vitesse HS1, qui relie Londres au tunnel sous la Manche, nouvelle étape vers le lancement de trains concurrents à Eurostar. "L'accord permettra à Virgin Trains d'exploiter jusqu'à 20 nouveaux allers-retours quotidiens entre Londres et Paris, Bruxelles ou Amsterdam du 1er octobre 2030 au 31 décembre 2040", souligne le régulateur dans son communiqué.
"Plusieurs étapes restent à franchir avant que ces nouveaux services puissent être exploités", précise-t-il cependant. Virgin doit encore acquérir du matériel roulant, obtenir un accès aux autres réseaux concernés et décrocher les autorisations de sécurité de l'ORR ainsi que des autorités compétentes dans l'Union européenne. Le groupe britannique avait déjà obtenu en octobre 2025 l'accès au très convoité dépôt londonien de Temple Mills, jusqu'ici réservé à l'Eurostar et indispensable pour lancer des liaisons concurrentes entre Londres et le continent.
Vers une ouverture à la concurrence
Eurostar est aujourd'hui seul à effectuer du transport de passagers sur la ligne sous la Manche reliant Londres au continent. D'autres compagnies, comme l'Italien Trenitalia, aimeraient comme Virgin lancer des services concurrents. Depuis le lancement de la ligne en 1994, plusieurs entreprises ont annoncé de tels projets, mais aucun ne s'est concrétisé. Les usagers espèrent que l'ouverture à la concurrence engendrera une guerre des prix, les billets de train étant souvent bien plus chers que ceux de l'avion sur le Paris-Londres.
Eurotunnel, la société qui gère le tunnel sous la Manche, cherche à attirer de nouveaux opérateurs, estimant que l'infrastructure est en mesure d'accueillir jusqu'à 1.000 trains par jour, contre 400 actuellement (entre Eurostar, Shuttle et fret). Le groupe britannique London St. Pancras Highspeed, qui exploite la ligne à grande vitesse reliant Londres au tunnel sous la Manche, estime lui aussi qu'elle ne fonctionne qu'à 50% de sa capacité.