En déplacement en Gironde lundi matin, sur les lieux des incendies dévastateurs de cet été, Sébastien Lecornu a déclaré que le gouvernement n'avait "strictement rien à cacher" sur la gestion de ces catastrophes. Le Premier ministre a été hué à son arrivée au Porge, commune lourdement impactée.
"Nous n'avons strictement rien à cacher" s'agissant de la gestion des incendies, a assuré lundi le Premier ministre Sébastien Lecornu depuis Mérignac (Gironde), après avoir visité la commune du Porge, ravagée par le mégafeu de juillet, où il a été accueilli sous les huées.
"Ça vaut pour les Landes, la Gironde" et "d'autres territoires"
Sébastien Lecornu s'est rendu au Porge dimanche après-midi, en amont de sa visite officielle, sans presse, et est retourné lundi matin dans cette commune où 183 maisons ont brûlé. Hué à son arrivée, il s'est entretenu avec des habitants sinistrés et des agriculteurs, a indiqué lundi matin son entourage.
"Nous n'avons strictement rien à cacher sur le déroulé des opérations de protection incendie de ces dernières semaines. Ça vaut pour les Landes, ça vaut pour la Gironde" et "d'autres territoires", a-t-il ensuite déclaré en ouverture d'une table-ronde avec des membres de son gouvernement, des élus et des acteurs économiques de la région.
Le chef du gouvernement a demandé à la préfète de Gironde et au dirigeant départemental des pompiers de "tenir toutes les réunions qui vont bien avec la population pour expliquer ce qui s'est passé minute par minute, heure par heure, la nature et la qualité des moyens engagés, pourquoi tel ou tel choix tactique a été fait".
Le plus grand incendie en superficie depuis 1949
"Parce que ce n'est pas des choix qui ont été décidés depuis Paris, pour être honnête, la plupart des choix des premières heures n'ont pas été décidés non plus depuis Bordeaux. On est véritablement dans une approche tactique très, très déconcentrée de la prise de décision", a-t-il poursuivi. "Il y a de la colère, il y a de l'émotion, ça c'est bien naturel, les gens ont tout perdu, plus que ça. Mais je veux quand même qu'on remette un tout petit peu de vérité et de rationalité dans ce qui s'est passé", a ajouté Sébastien Lecornu.
"On ne peut pas dire qu'on a confiance dans nos pompiers et en même temps donner à voir, parfois, quelques dérives un peu complotistes dans lesquelles, au fond, l'essentiel n'aurait pas été fait", a également déclaré le Premier ministre, alors que certains habitants du village estiment que lors du mégafeu, les autorités ont sacrifié leurs maisons pour protéger le Cap-Ferret, au bord du très touristique bassin d'Arcachon.
Avec 42.000 hectares parcourus, l'incendie fixé le 1er août est le plus grand en superficie en France depuis 1949. Avançant à une vitesse folle, les flammes se sont approchées à 15 km de la métropole bordelaise et ont provoqué l'évacuation de plus de 220.000 résidents et touristes. Sébastien Lecornu a promis "des annonces" pour la "reconstruction" lors d'un point presse prévu à 13 heures.