Alors que les incendies s'enchaînent depuis le début de l'année et que le feu dans les Landes est toujours actif, le porte-parole national de l'intersyndicale des sapeurs-pompiers, Xavier Boyet, alerte une nouvelle fois sur Europe 1 sur le manque de moyens chroniques des soldats du feu.
À la suite d'une rencontre avec le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, jeudi 13 août 2026, portant sur des "moyens qui ne suivent pas", les syndicats de pompiers se sont déclarés "très déçus". Ils appellent à manifester le 29 septembre.
20 ans de revendications identiques
C'est dans un contexte particulièrement lourd, suite aux incendies ravageurs en Gironde et dans le Var, tandis que celui des Landes est encore loin d'être éteint, que Xavier Boyet, porte-parole national de l'intersyndicale des sapeurs-pompiers, a rencontré le ministre de l'Intérieur. La déception a été au rendez-vous.
"On attendait de la part du ministre, au moins des engagements, pas des intentions", a-t-il indiqué au micro d'Europe 1.
"Les intentions ne nous permettent pas de réaliser nos missions. Ce qu'il nous faut pour réaliser les missions, c'est un budget qui nous permettra de répondre à la demande des citoyens français. Il faut des moyens matériels et surtout des moyens humains. Il faut vraiment des engagements. Et ce qui nous met en colère, c'est que ça fait presque 20 ans que les revendications des sapeurs-pompiers et des organisations syndicales sont exactement les mêmes que celles que nous portons aujourd'hui."
"Il n'y a rien qui avance dans le pays. Il faut vraiment que nos autorités prennent conscience de la gravité de la situation au niveau de la sécurité civile."
Une situation de rupture de plus en plus inévitable
Alors que la sécheresse frappe le pays de plein fouet, Xavier Boyet estime que la situation "est en train d'assécher le dévouement des pompiers, comme on l'a connu avec les soignants".
"Jusqu'à quand ça va durer ? On fait plus qu'on devrait faire", poursuit-il.
"Chez les pompiers, on a la chance d'avoir le volontariat, donc avec un turnover assez important. Mais leur engagement n'est plus le même : ils s'engagent moins longtemps car ils sont déçus par le sens du travail."
Nécessité de renforcer les effectifs
Face aux difficultés qui touchent les sapeurs-pompiers, le porte-parole national de l'intersyndicale réclame le recrutement massif de 21 000 nouveaux soldats du feu pour permettre de répondre "à la sollicitation, aux missions qui sont imposées au niveau des services incendie".
"C'est plus de 4 millions d'interventions par an, et il faut des pompiers pour pouvoir intervenir. On a aussi une autre problématique : il y a des services d'urgence qui se ferment. Du coup, les sapeurs-pompiers transportent les victimes plus loin. Donc les interventions durent plus longtemps, nous sommes mobilisés plus longtemps, et si on ajoute à ça le temps d'attente aux urgences, une intervention qui durait une demi-heure avant peut aujourd'hui en durer quatre."
Définir un budget et de meilleures protections
Pour pallier toutes ces problématiques et "réaliser la mission de sécurité au sens large", il est nécessaire "d'avoir un budget".
Concernant le projet de loi sur la prévention et la lutte contre les feux de forêt, censé moderniser la Sécurité civile, Xavier Boyet insiste pour qu'il soit suffisamment "clair pour que les missions ne soient pas partagées avec d'autres", et que les pompiers soient "clairement identifiés comme étant les acteurs qui réalisent ce type de mission".
Avant de conclure sur la santé et l'importance d'avoir "des moyens de mieux se protéger. Il faut arrêter le déni et reconnaître que les fumées sont dangereuses et toxiques".