Jamais autant de puissance nucléaire électrique n'avait manqué en France à cause de la hausse des températures des cours d'eau. Le parc français a ainsi atteint un record d'indisponibilité.
Pour assurer la grande majorité de la production d’électricité dans l'Hexagone, la France s'appuie sur ses 57 réacteurs nucléaires, tous implantés à proximité d'un fleuve afin de pouvoir refroidir leurs installations. Mais lorsque températures dépassent les 35 degrés, ces cours d'eau surchauffent.
Afin de préserver la biodiversité, la réglementation impose des seuils de température stricts : EDF a l'interdiction de rejeter une eau trop chaude dans les fleuves. Résultat, l'électricien n'a d'autre choix que de réduire la puissance de certains réacteurs, voire de les mettre complètement à l'arrêt. Dimanche dernier, le parc électrique français a ainsi atteint un record d'indisponibilité.
Aucun risque de coupure pour les consommateurs
Si ces contraintes environnementales pèsent lourdement sur les finances de l'entreprise, elles ne menacent pas la fourniture d'électricité des ménages français. En été, la demande nationale baisse considérablement par rapport aux pics hivernaux.
"Aujourd'hui, on est exportateurs d'électricité, donc on a de toute façon de l'électricité pour tous les besoins de la France en ce moment", rassure Emmanuelle Galichet, enseignante-chercheuse en sciences et technologies au CNAM. "On a un mix électrique extrêmement important, et en été on consomme moins d'électricité que l'hiver. Le réseau et la production ont été dimensionnés sur la consommation hivernale, il n’y a donc pas énormément de risques."
Pour faire face à la répétition de ces vagues de chaleur dans les années à venir, EDF a déployé son plan "Grand Chaud". Ce programme prévoit l'installation de nouvelles climatisations ainsi que la modernisation des systèmes de refroidissement de ses réacteurs les plus anciens, pour un investissement global de près de 9 milliards d'euros sur 15 ans.