Après le carburant, c’est au tour du gaz de faire grimper la facture des Français. À partir du 1er septembre, le prix repère de vente du gaz augmentera de 5,6 %, pour atteindre 172,05 euros TTC/MWh chez 6 millions de foyers. Et la rentrée pourrait n’être que le début d’une nouvelle période de hausse si le conflit au Moyen-Orient persiste.
Ça chauffe pour le portefeuille des Français. Après les prix du carburant, une nouvelle mauvaise surprise attend les ménages à la rentrée. Le prix repère du gaz augmentera de 5,6 % au 1er septembre 2026, sous l’effet de la flambée des cours sur les marchés de gros, elle-même alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Environ 6 millions de foyers français pourraient voir leur facture augmenter. Et si le conflit se prolonge, la situation pourrait encore se tendre dans les prochains mois.
Une flambée des prix qui refroidit les Français
La pause aura été de courte durée. Après une baisse de 0,8 % en août, le prix repère de vente du gaz (PRVG) repartira nettement à la hausse dès le 1er septembre. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a annoncé une progression de 5,6 % en moyenne par rapport au mois précédent. Le prix repère atteindra ainsi 172,05 euros TTC par mégawattheure.
Cette évolution concerne directement les quelque 6 millions de ménages, soit environ 60 % des abonnés résidentiels au gaz, qui disposent d'une offre indexée sur le prix repère. Les consommateurs ayant souscrit une offre à prix fixe ne sont, eux, pas directement concernés par cette hausse tant que leur contrat reste inchangé.
Le marché du gaz connaît depuis plusieurs mois des évolutions particulièrement irrégulières. Le prix repère avait bondi de 15,4 % en mai, avant de reculer de 4,8 % en juin. Il était ensuite reparti à la hausse en juillet, avec une progression de 7,4 %, avant de connaître une légère baisse de 0,8 % en août.
La CRE souligne que cette fois, la hausse est entièrement liée à l'augmentation des prix du gaz sur les marchés de gros. Le coût de l'approvisionnement constitue en effet l'une des principales composantes du prix payé par les consommateurs.
Combien les consommateurs vont-ils payer ?
La hausse sera visible sur le prix du kilowattheure, tandis que le montant de l'abonnement restera stable. Pour les ménages utilisant le gaz pour la cuisson et l'eau chaude, le prix du kWh TTC passera de 0,15848 euro à 0,16757 euro. Pour les foyers qui utilisent le gaz pour le chauffage, il progressera de 0,12558 euro à 0,13474 euro par kWh.
Le montant de l'abonnement, lui, ne change pas. Pour le profil chauffage, il reste notamment fixé à 360,79 euros TTC par an dans la grille de référence de la CRE. Il ne s'agit toutefois pas d'une augmentation uniforme de 5,6 % de toutes les factures individuelles.
Le montant réellement payé dépend du contrat souscrit auprès du fournisseur, du niveau de consommation et de la zone géographique.
Le conflit au Moyen-Orient fait flamber les marchés
Derrière cette hausse française se cache une situation internationale particulièrement tendue. Les marchés européens du gaz sont fortement sensibles aux perturbations de l'approvisionnement mondial. Les tensions au Moyen-Orient ont notamment alimenté les inquiétudes concernant le transport des hydrocarbures et l'approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL).
Dans ce contexte, le marché européen de référence, le TTF néerlandais, a fortement progressé depuis le début du conflit. Cette envolée se répercute progressivement sur les coûts d'approvisionnement des fournisseurs européens et, avec un décalage, sur certains contrats proposés aux particuliers.
La situation est d'autant plus préoccupante que les réserves européennes de gaz sont moins remplies qu'elles ne le sont habituellement à cette période de l'année. Selon les données citées par les acteurs du marché, les stocks européens ne sont remplis qu'à environ 57 %, contre près de 74 % habituellement à cette période.
La demande asiatique joue également un rôle important. La Chine et l'Inde cherchent elles aussi à sécuriser leurs approvisionnements énergétiques, ce qui accentue la concurrence internationale pour le GNL. Autrement dit, l'Europe doit composer avec un marché mondial où plusieurs grands consommateurs cherchent simultanément à constituer leurs réserves.
Du prix de marché à la facture
Pour comprendre le mécanisme, il faut distinguer les différentes composantes du prix du gaz. Le montant payé par un particulier comprend principalement le coût de l'énergie, les coûts liés à son acheminement et à l'utilisation des infrastructures, ainsi que les taxes et différents frais. Dans le cas de la hausse annoncée pour septembre concerne le coût d'approvisionnement en gaz.
Après les fluctuations du prix des carburants, le gaz vient donc ajouter une nouvelle incertitude à la rentrée. Pour les ménages dont le contrat est indexé, la conséquence sera immédiate à partir de septembre. Les foyers chauffés au gaz devront notamment surveiller leur consommation à l'approche de l'automne, période durant laquelle les besoins énergétiques augmentent rapidement.
Les consommateurs disposant d'un contrat à prix fixe bénéficient, de leur côté, d'une protection contre cette hausse tant que les conditions de leur contrat ne changent pas.