Alors que les premières candidatures se dessinent pour 2027, François Bayrou redoute un duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon au second tour. Pour l’éviter, l’ancien Premier ministre centriste propose une primaire ouverte, de la "gauche socialiste aux gaullistes", afin de désigner un candidat unique capable de rassembler ceux qui rejettent les "extrêmes".
À moins d’un an de l’élection présidentielle de 2027, un scénario continue de susciter l’inquiétude d’une partie de la classe politique : un second tour opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon. Pour tenter d’éviter cette perspective, l’ancien Premier ministre centriste François Bayrou propose une méthode pour le moins ambitieuse : organiser une grande primaire réunissant tous ceux qui se situent en dehors des "extrêmes".
Dans un entretien accordé au Figaro, dimanche 9 août, François Bayrou plaide ainsi pour une primaire ouverte, allant "du Parti socialiste aux gaullistes". L’objectif serait de désigner un candidat unique, avec un vote qui pourrait se tenir à la fin du mois de janvier ou au début du mois de février 2027.
Une primaire pour éviter un duel RN/LFI
Face à ce qu’il considère comme le risque d’un second tour entre le Rassemblement national et La France insoumise, François Bayrou défend une primaire de "tous ceux qui rejettent les extrêmes", estimant que seule une candidature commune pourrait permettre de peser face à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
Pour le leader centriste, aucune personnalité ne semble aujourd’hui capable de rassembler à elle seule l’ensemble de ce bloc. Même Édouard Philippe, pourtant régulièrement placé en tête des sondages parmi les personnalités susceptibles de se présenter en 2027, ne ferait pas l’unanimité selon François Bayrou.
L’ancien Premier ministre invite ainsi plusieurs figures politiques à entrer dans le processus, parmi lesquelles Bernard Cazeneuve, Michel Barnier, Yaël Braun-Pivet, Bruno Retailleau ou encore Sébastien Lecornu. Une manière, selon lui, de pousser chacun à clarifier ses intentions à l’approche des présidentielles. "Il est temps de sortir de l’ambiguïté", lance ainsi François Bayrou à ceux qui pourraient participer à cette éventuelle primaire.
Une proposition déjà rejetée par certains socialistes
L’idée d’une primaire allant du Parti socialiste à la droite gaulliste est toutefois loin de faire consensus. Chez les socialistes, la proposition est notamment rejetée par le député Philippe Brun, candidat à la primaire socialiste. S’il reconnaît avoir "des accords importants avec François Bayrou", l’élu refuse de considérer la lutte contre les extrêmes comme une justification suffisante pour réunir des forces politiques aussi éloignées.
"La lutte contre les extrêmes ne justifie pas tout", estime-t-il, avant d’attaquer directement le bilan et la ligne politique du centriste. Philippe Brun affirme notamment qu’il combat également "un autre extrême", celui de "l’immobilisme", dont François Bayrou serait, selon lui, "l’un des plus ardents défenseurs".
François Bayrou veut-il aussi rester dans la course ? Déjà candidat à trois reprises à l’élection présidentielle, le centriste pourrait lui-même être tenté de participer à cette compétition. En se positionnant comme celui qui propose une méthode pour départager les différentes candidatures, François Bayrou se présente en arbitre potentiel du "bloc central", tout en veillant à ne pas sortir lui-même du jeu.