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«On est en colère» : un club de rugby marseillais dénonce l'occupation de ses terrains par les gens du voyage

Cela fait maintenant dix jours que près d'une centaine de caravanes occupent deux des trois terrains du club Marseille Rugby Méditerranée. [Arnaud Le Vu / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

À quelques mois de la présidentielle, la question des occupations illégales de terrains par les gens du voyage s'invite dans le débat politique. À Marseille, un club de rugby en fait les frais : depuis dix jours, une centaine de caravanes occupent ses terrains, perturbant la reprise de la saison.

Un thème qui s'est invité dans la campagne pour la prochaine présidentielle cette semaine : les occupations illégales de terrains par les gens du voyage. Le candidat Renaissance, Gabriel Attal, s'est rendu mardi en Vendée pour présenter des mesures contre ce fléau auquel sont confrontés les élus locaux, mais aussi les dirigeants de clubs sportifs. C'est le cas du Marseille Rugby Méditerranée, où des dizaines de caravanes se sont installées sans autorisation sur les pelouses de cette équipe, entraînant des dégradations.

"Les seuls réellement impactés, c'est nous"

Cela fait maintenant dix jours que près d'une centaine de caravanes occupent deux des trois terrains du club Marseille Rugby Méditerranée. "On est agacés, on est en colère", déplore Augustin Marié, le président, qui est à bout de cette situation. "Encore une fois, on se retrouve, nous, entre les gens du voyage qui revendiquent la nécessité d'une aire de grand passage et la ville, la métropole, qui se renvoient la balle. Et en attendant, les seuls réellement impactés, c'est nous. Encore et toujours", dénonce-t-il.

La colère est d'autant plus vive qu'il a découvert que les gens du voyage avaient pénétré sur le terrain par une brèche dans le mur qui l'entoure, percée par la mairie lors de travaux. "Quand, pendant la période estivale, on laisse le mur d'enceinte du stade ouvert sur la largeur d'un poids lourd pour lui permettre de rentrer et qu'on y met simplement deux pierres, on leur a grandement facilité la tâche", s'agace Augustin Marié.

Le président du club n'ose même pas imaginer l'état des terrains occupés. "Je sais dans quel état on va le retrouver, c'est-à-dire massacré. Ça va prochainement devenir une prairie, avec de l'herbe sèche, de l'herbe brûlée et de la terre bien tassée", s'inquiète-t-il.

Quelques entraînements ont tout de même été maintenus dans des conditions particulières. Pour rejoindre le troisième terrain, les rugbymen ont dû se frayer un chemin entre les caravanes et s'entraîner sans pouvoir accéder aux vestiaires.