"True crime" : pourquoi ces podcasts d'enquêtes policières cartonnent-ils ?

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© Thomas SAMSON / AFP
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Invitée lundi de "Culture Médias", Claire Hazan, directrice d'Europe 1 Studio, explique les raisons du succès des podcasts se penchant sur l'univers de la justice et des faits divers. 
INTERVIEW

C'est l'un des genres à la mode. Alors que les podcasts ne cessent de se développer, le phénomène touche particulièrement les formats dits de "true crime", c'est à dire s’intéressant à une enquête policière ou à un fait divers. Invitée lundi de Culture Médias, Claire Hazan, directrice d’Europe 1 Studio, est revenue sur les raisons de ce succès fulgurant. 

"Une partie du succès de ce genre est le fait d'appliquer à des faits réels des techniques narratives qui viennent de la fiction", explique-t-elle. "Cette frontière très fine entre fait réel et divertissement est parfois d'ailleurs ce qu'on lui reproche aussi". "Le pouvoir de l'audio est décuplé sur du 'true crime', ça fait jouer l'imaginaire, avec un effet d'identification très puissant sur ce genre de sujet", dit-elle encore. 

Le genre judiciaire, avec ses longues enquêtes, se marie particulièrement au format du podcast, confirme Élise Costa, chroniqueuse judiciaire sur Slate et réalisatrice du podcast Fenêtre sur cour diffusé sur Arte Radio. "Ce sont des affaires qui nécessitent beaucoup de détails, des temps très longs avec beaucoup de rebondissements". Or, ajoute-t-elle, "on n'a pas forcément le temps de le lire à l'écrit, alors qu'à l'oral, on peut faire autre chose en même temps". 

Un succès fulgurant aux États-Unis

Le phénomène du "true crime" est particulièrement fort du côté des États-Unis, avec notamment le succès fulgurant de la série Serial et ses centaines de millions d'écoutes. "Aux États-Unis, des studios de podcasts entiers sont dédiés à ce genre-là", raconte Claire Hazan, notant qu'outre-Atlantique, contrairement à la France, "certains 'true crime' sont du pur divertissement".

Si les sujets traitant de faits divers peuvent être parfois taxés de voyeurisme, la directrice d'Europe 1 Studio rappelle toutefois que "si la frontière entre émotion et sensationnalisme est légère" dans le "tue crime", le podcast implique, derrière le récit, "un travail journalistique de fond qui repose sur les principes de vérification des faits". 

Le podcast "bouscule les codes"

Que ce soit au cinéma, dans la presse, ou encore à la radio avec les feuilletons, le genre judiciaire a toujours été prisé. Mais, estime Claire Hazan, si le podcast de "true crime" s'inscrit dans cette tradition, "il bouscule les codes, avec une liberté totale de format dans le ton, la posture de narration, la longueur". 

Fort du succès de l'émission Hondelatte Raconte, Europe 1 a lancé un podcast "natif", c'est-à-dire exclusivement disponible en numérique : Mon client et moi. Dans ce podcast, des avocats pénalistes racontent leur relation avec leurs clients. "On est entre le récit, le témoignage réel d'avocats, et avec une journaliste placée dans une posture de passeuse de relais entre les différents témoins", détaille Claire Hazan.

Mon client et moi est un podcast Europe 1 Studio

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Voix, écriture : Margaux Lannuzel 

Production : Adèle Ponticelli. Avec Fannie Rascle

Réalisation : Guillaume Vasseau. Avec l’aide de Xavier Jolly et Marc Grunfeld

Illustration : Stéphane Oiry

Edition et diffusion : Clémence Olivier

Direction Europe 1 Studio : Claire Hazan

Europe 1
Par Antoine Terrel