Pour assurer la diffusion de BFM, Altice cède à Iliad : "Il y a eu un recul, mais c’est pour mieux sauter", assure Alain Weill

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Invité de Culture médias sur Europe 1, le PDG d’Altice se dit confiant sur la signature d'un accord entre son groupe et Iliad, pour assurer la rémunération des services associés, notamment la rediffusion à la demande.
INTERVIEW

Après des semaines de conflit, la bataille entre Altice et Iliad a pris fin mardi soir. Le signal des chaînes BFMTV, RMC Découverte et RMC Story, propriétés d’Altice, a été rétabli sur les boxes Free distribuées par Iliad, après avoir été coupé le 27 août, en raison d’un différend commercial. "Il y a eu un recul, mais c’est pour mieux sauter dans quelques mois ou quelques années", a commenté au micro de Philippe Vandel, dans Culture médias sur Europe 1, Alain Weill, le PDG d’Altice.

Le groupe de télécoms réclamaient en effet une rétribution de la part de l’opérateur au nom du replay de ses programmes (rediffusion à la demande), présenté sur les boxes comme un service aux abonnés. Mais les négociations n’ont pu aboutir et Altice s’est finalement rangé aux exigences d’Iliad. "On a d’abord pensé aux téléspectateurs. Cette affaire était assez triste parce que les enjeux financiers étant très faibles des deux côtés", explique l’homme d’affaires. "On s’est dit que ça n’avait pas de sens de prolonger cette période trop longtemps."

"Les opérateurs ont besoin que les chaînes investissent dans le contenu"

Pour Alain Weill, le changement du mode de consommation de la télévision, de la linéarité vers la dé-linéarité, c’est-à-dire du suivi d’un flux continu vers le visionnage de programmes à la demande, implique également un bouleversement du modèle économique de l’audiovisuel. "On a dit aux opérateurs que l’on acceptait de s’aligner sur leurs demandes. Mais pour moi, c’est un recul pour mieux sauter, ensemble, sans aucune opposition, dans quelques années. Les opérateurs ont besoin que les chaînes investissent dans le contenu. Si les chaînes de télévision n’ont pas les moyens d’investir dans le contenu […] les gens s’abonneront à Netflix ou a Amazon, en by-passant [sic] l’opérateur télécom. Tout le monde sera perdant", assure le patron d’Altice.

"On discutera pour rémunérer nos services associés", assure encore Alain Weill, qui indique que les discussions sur ce sujet doivent reprendre prochainement. "Je suis sûr que l’on trouvera dans les semaines qui viennent un accord raisonnable", conclut-il.