Le projet de rachat de M6 par TF1 est toujours en cours d’étude. Des discussions ont eu lieu entre les dirigeants de TF1, de M6, de RTL Group et de CMA CGM, tandis que plusieurs freins continuent de retarder toute opération concrète.
Le projet de rapprochement entre TF1 et M6 n’a pas été abandonné. Au contraire, il continue d'être étudié en coulisses. En début d’année, le PDG de TF1, Rodolphe Belmer, a de nouveau affiché sa volonté d’acquérir M6.
Selon Le Parisien / Aujourd’hui en France, plusieurs réunions confidentielles auraient eu lieu ces dernières semaines entre les dirigeants de TF1 et de M6, mais aussi ceux de RTL Group, actionnaire à 49% de M6 et favorable à une cession de ses parts. Le groupe CMA CGM, dirigé par Rodolphe Saadé et déjà détenteur d’environ 11% de M6, participerait également à ces discussions.
Le rachat de M6 confronté à des obstacles
Le projet de rapprochement intervient dans un marché sous tension. Les audiences télévisées poursuivent leur baisse et le marché publicitaire est fragilisé. TF1 a d’ailleurs enregistré un recul de son activité récente, avec une baisse de chiffre d’affaires de 5,2% au premier trimestre par rapport à l’année précédente. Dans ce contexte, un rapprochement avec M6 apparaît comme une stratégie pour renforcer les positions des groupes historiques face aux nouveaux acteurs du streaming.
En revanche, plusieurs obstacles réglementaires compliquent fortement l’opération. En France, une chaîne ne peut être cédée qu’après un délai de cinq ans suivant le renouvellement de sa fréquence. Cela implique que M6 ne pourrait pas être rachetée avant 2028, tandis que des chaînes comme W9, Gulli ou 6ter ne seraient concernées qu’à partir de 2032.
Un autre frein majeur réside dans la législation audiovisuelle, qui limite à sept le nombre de chaînes gratuites qu’un même groupe peut posséder. Une fusion entre TF1 et M6 obligerait donc à une redistribution des chaînes entre plusieurs acteurs, y compris potentiellement CMA CGM, également intéressé par une prise de contrôle partielle.
Il faudrait notamment que TF1 parvienne à faire évoluer la loi rapidement, car à l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la vie politique risque de ralentir fortement les réformes structurelles.