Le sénateur LREM Gattolin "stupéfait" devant "Stupéfiant", un émission "un peu borderline"

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André Gattolin 1280
© Europe 1
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L'élu du Palais du Luxembourg, à l'origine d'une proposition de loi pour réformer la nomination des patrons des chaînes publiques, a fustigé sur Europe 1 l'offre culturelle de France Télévisions.

INTERVIEW

Il veut s'attaquer à la procédure de nomination des patrons de l’audiovisuel public. Le sénateur LREM André Gattolin a déposé mercredi une proposition de loi visant à ce que les patrons des grandes chaînes de l'audiovisuel public soient désignés par les conseils d'administration, contre le CSA actuellement. "Ça va donner beaucoup d'indépendance. Dans une entreprise normale, c'est le conseil d'administration qui élit son président, qui va éventuellement le recruter en dehors du conseil", explique l'élu au micro de Village Médias sur Europe 1. "On ne peut pas systématiquement donner la direction des chaînes à des énarques ou des grands patrons qui ne connaissent rien à la télévision. C'est le drame du service public aujourd'hui", lâche-t-il.

Duo gagnant. "Le succès de TF1 et M6 aux grandes heures c'était d'avoir Le Lay et Mougeotte, Tavernost et Drucker, c'est à dire un duo qui garantit à l'actionnaire la bonne gestion, et des gens qui savent ce que c'est que la télévision", veut rappeler André Gattolin, qui évoque à mi-mots la situation de Delphine Ernotte à la tête de France Télévisions, sous le coup de nombreuses critiques et visée par une motion de défiance approuvée par 84% des journalistes du groupe public.

"Moi, je suis pour des administrateurs proposés par le Premier ministre mais validés par les deux chambres à une majorité qualifiée pour que l'on ait des gens véritablement légitimés, et qu'il y ait une indépendance", fait valoir André Gattolin. "Je veux retirer la présence des parlementaires à l'intérieur des conseils d'administration du service public", ajoute-t-il. "On ne peut pas contrôler et être à l'intérieur de l'entreprise. Je veux des gens qualifiés et pas des personnalités intellectuelles qui sont cooptées par la direction, et qui viennent y faire un petit tour", précise encore le sénateur.

 

Stupéfiant, une émission "borderline". Par ailleurs, l'élu ne mâche pas ses mots à l'égard des programmes de France Télévisions, fustigeant "les tunnels de jeux" en access prime-time ou encore une offre culturelle qu'il estime insatisfaisante, notamment l'émission de Léa Salamé, Stupéfiant, sur France 5. "Stupéfiant ? Moi, je suis stupéfié en tant que téléspectateur", déclare-t-il. "Avec un discours… 'la brigade des stups' ; on va parler dj'euns pour parler culture", s'agace-t-il.

"Quand je vois l'émission 'Tout nu' qui a fait un record d'audience [sur la nudité dans l'art, ndlr], vous voyez comment c'est raconté et c'est fait ? Si on m'explique que c'est ça une grande émission de culture… Quand on discute de la taille du zizi d'Adam qui nous enlève des complexes pour parler de l'histoire de l'art, franchement, je trouve que l'on est un petit peu borderline", conclut-il.