"Grandmas Project" : filmées par leurs petits-enfants, ces grand-mères livrent leurs secrets de cuisine, et pas que...

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Le réalisateur Jonas Parienté invite ses confrères et consœurs du monde entier à filmer leur grand-mère autour d'une recette de cuisine emblématique, et à partager le résultat sur la plateforme "Grandmas Project".

INTERVIEW

Sauvegarder et partager un patrimoine familial précieux, mais immatériel. C'est l'ambition que s'est fixé Jonas Parienté avec "Grandmas Project". Une web-série collaborative qui a tapé dans l'œil d'Eva Roque et du Club de l'été sur Europe 1. Ce format court, disponible en ligne, vise à partager des recettes et des récits de grands-mères du monde entier, filmées par leurs petits-enfants, eux-mêmes réalisateurs. Le premier film met directement en scène la grand-mère du créateur, Nano, d’origine égyptienne et qui apprend à son petit-fils à faire la Molokheya, un plat typique d'Afrique du Nord.

Une série de portraits. "On a tous dans nos familles une recette emblématique, ça n'est pas toujours réussi, mais elles ont une place dans nos histoires. L'idée était de recueillir ces recettes et histoires du monde entier et de les réunir sur une plateforme", explique mercredi Jonas Parienté au micro du Club de l'été sur Europe 1. Mais bien souvent, la thématique culinaire n'est qu'un prétexte pour mettre en perspective de véritables portraits de femmes.

Autant de recettes, autant de tranches de vie. Chaque film dure huit minutes. Les grand-mères réunies par "Grandmas Project" appartiennent pratiquement toutes à la même génération, mais sont issues de pays et de milieux parfois très différents. Ainsi Suzanne, née à Vienne avant la guerre et devenue psychanalyste en France, Nani, une grand-mère pakistanaise qui "a 80 ans depuis un bail" ou encore Huguette, une baronne de plus de 90 ans, et son soufflé au fromage. "Ma grand-mère, c'est quelqu'un qui cuisine énormément", explique Jonas Parienté. "Elle est de culture orientale, et très habituée à ça, mais il y a d'autres femmes qui se sont émancipées des tâches domestiques, qui sont devenues des intellectuelles, des travailleuses, des cols-blancs".

Peut-être une deuxième saison ? À la fois émouvants, drôles, réjouissants sur l’idée de partage et de transmission, les onze premiers épisodes sont à retrouver gratuitement sur le site grandmasproject.org. En attendant peut-être une seconde saison ?  "On a encore trois films à mettre en ligne, de Serbie, des Etats-Unis et de la Côte d'Azur", glisse le créateur. "Après ça, on cherche activement des partenaires pour faire d'autres films, d'autres saisons et financer tout ça". L'appel est lancé !