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Volodymyr Zelensky en Serbie : une première visite officielle très stratégique

[Andrej ISAKOVIC / AFP]

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky effectue samedi 8 août sa première visite en Serbie, un allié traditionnel de Moscou, au moment où l'Ukraine cherche à renforcer le soutien international face à l'intensification des frappes russes.

Ce déplacement du président ukrainien, qui multiplie les voyages à l'étranger, a été précédé d'intenses bombardements russes sur Kiev et sa région dans la nuit de vendredi à samedi, faisant au moins trois morts et sept blessés.

Renforcer les liens entre les deux pays

Après son arrivée à Belgrade vendredi soir, le chef de l'État ukrainien a dîné avec son homologue Aleksandar Vučić, avec qui il doit tenir des entretiens samedi au palais présidentiel, suivis d'une déclaration à la presse.

"Nous discuterons du renforcement des relations économiques entre nos deux pays, des relations avec l'Union européenne, d'autres domaines qui peuvent bénéficier à nos nations, ainsi que des questions de sécurité", a déclaré Volodymyr Zelensky.

Le chef de l'État serbe a indiqué sur les réseaux sociaux avoir la "conviction que cette visite contribuera au développement des relations entre la Serbie et l'Ukraine, et au renforcement de la coopération dans les domaines d'intérêt commun".

La question épineuse de l'énergie et de la neutralité

Parmi les sujets évoqués, la coopération dans l'énergie devrait figurer au premier plan. La Serbie reste très dépendante de la Russie pour ses approvisionnements énergétiques et ne s'est jamais alignée sur les sanctions européennes contre Moscou.

Aleksandar Vučić a rencontré son homologue russe en mai 2025 à Moscou, en marge des célébrations de la victoire sur l'Allemagne nazie, puis à nouveau à Pékin en septembre. Parallèlement, il s'est rendu en Ukraine en juin 2025 pour un sommet régional à Odessa, et est retourné à Kiev en juillet dernier. Il a par ailleurs souvent loué la position de l'Ukraine qui n'a pas reconnu l'indépendance du Kosovo, proclamée en 2008 par cette ancienne province serbe.

Les enjeux secrets des ventes d'armes

Un haut responsable ukrainien avait déclaré jeudi à l'AFP, sous le couvert de l'anonymat, que l'objectif de Kiev était de “détacher les Serbes du camp de la Russie” et que ce déplacement de M. Zelensky constituait une “gifle pour les Russes”.

Si le président ukrainien a évoqué des discussions sur des “questions de sécurité”, ce sujet est très délicat. Les services de renseignement extérieurs russes (SVR) avaient accusé en mai 2025 les entreprises d'armement serbes de vendre des munitions à l'Ukraine, via des pays tiers, “en dépit de la neutralité officielle de Belgrade”.

Aleksandar Vučić avait alors promis qu'il ordonnerait que les contrats ne soient pas exécutés “quand il y a un soupçon sur le destinataire final”, puis assuré que la Serbie avait arrêté toutes ses exportations d'armes, de munitions et de matériel militaire.

La pénurie de munitions, un enjeu crucial

Or, Kiev manque cruellement de munitions plus de quatre ans après le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, malgré des frappes qui s'amplifient des deux côtés d'une ligne de front quasi immobile, faisant un nombre croissant de victimes civiles.

Mercredi, au moins 17 personnes ont été tuées dans des frappes nocturnes russes sur Kiev et sa région. Faute d'intercepteurs, la défense antiaérienne ukrainienne n'a pu abattre aucun missile.

Volodymyr Zelensky s'est rendu fin juillet à Washington pour rencontrer Donald Trump afin de tenter d'obtenir des missiles Patriot, les seuls capables d'abattre les missiles russes les plus performants. Selon le Financial Times, le président américain a refusé cette demande du fait de la pénurie de Patriot dans les stocks américains depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février.