Cinq personnes ont été tuées mardi dans une attaque de drones ukrainiens visant la région de Moscou. Kiev a également frappé plusieurs sites logistiques en Russie, dont des entrepôts de Wildberries. En parallèle, des bombardements russes en Ukraine ont fait plusieurs victimes civiles, dont des enfants.
Cinq personnes ont été tuées mardi matin dans une attaque de drones ukrainiens dans la région de Moscou, Kiev poursuivant sa campagne de frappes à longue portée qui a notamment visé de nouveau des entrepôts du géant du e-commerce russe Wildberries.
Il s'agit d'un bilan élevé pour la région de la capitale russe, située à plusieurs centaines de kilomètres du front où s'affrontent les armées russe et ukrainienne.
Plus de quatre ans après le début de l'offensive à grande échelle de la Russie en Ukraine, les bombardements se poursuivent quasi quotidiennement et montent en puissance des deux côtés du front, faisant un nombre croissant de victimes civiles.
"Ce matin, les forces de la défense aérienne ont repoussé une attaque de drones contre la région de Moscou", a écrit mardi sur Telegram le gouverneur de la région de Moscou, Andrei Vorobiov.
320 drones ukrainiens neutralisés, selon la Russie
"Selon des informations préliminaires, cinq personnes ont été tuées" et dix autres ont été blessées, a-t-il précisé, ajoutant que plusieurs incendies avaient éclaté au niveau de la zone industrielle de Novossiolki à Tchekhov, après une frappe, notamment dans un entrepôt.
Selon le ministère russe de la Défense, 320 drones ukrainiens ont au total été neutralisés dans la nuit au-dessus d'une vingtaine de régions russes et de la Crimée annexée.
Dans la région de Leningrad (nord-ouest), une attaque de drones a provoqué un incendie dans un site logistique de Wildberries à Krassny Bor, a annoncé mardi matin le service de presse de cette compagnie qui est dans le viseur des frappes ukrainiennes depuis mi-juillet.
Le personnel de l'entrepôt a été évacué et des dizaines de pompiers continuaient de lutter contre l'incendie dans la matinée, selon la même source.
Selon le gouverneur local, Alexandre Drozdenko, 17 drones ont été abattus dans la région.
Wildberries frappé
Un autre entrepôt de Wildberries a été visé par une attaque de drones ukrainienne dans la localité d'Emmaouss, dans la région de Tver (à environ 180 km au nord-ouest de Moscou), a indiqué le gouverneur régional, Vitali Koroliov.
Depuis mi-juillet, l'Ukraine a frappé une vingtaine de sites appartenant à Wildberries -- plateforme de commerce en ligne très populaire, souvent qualifiée d"'Amazon russe" -- presque aux quatre coins de la Russie et en Crimée annexée.
Les premières attaques dans la nuit de 17 au 18 juillet avaient fait huit morts et près de 90 blessés dans des sites de la région de Moscou et dans celle de Tambov (centre-ouest).
Depuis, les frappes de drones ukrainiens ont ciblé des sites proches de Saint-Pétersbourg (nord-ouest), à Simferopol en Crimée, à Krasnodar et Volgograd (sud) ou encore à Samara (Volga).
Plusieurs morts en Ukraine après des frappes russes
Du côté ukrainien, dans la région de Soumy, deux enfants et une personne âgée ont été tués dans des frappes de bombes aériennes guidées russes au cours de la nuit, selon le gouverneur Oleg Grygorov.
Les corps des deux fillettes ont été retrouvés dans les décombres de leur logement, de même source.
Dans une autre attaque, à Mykolaïv, dans le sud de l'Ukraine, une femme de 89 ans a été tuée, selon Gueorgui Rechetilov, responsable de l'administration militaire régionale.
La ville de Kherson a elle aussi été ciblée dans la nuit par l'armée russe, blessant un habitant de 52 ans, d'après l'administration militaire de la ville.
Parallèlement, quatre personnes, dont trois civils, ont été tuées par un militaire dans la localité de Khmelnitskoïe à Sébastopol, a indiqué mardi le gouverneur local de cette ville sur les rives de la mer Noire en Crimée annexée.
"Selon de premières informations, un militaire a ouvert le feu sur ses camarades", tuant l'un d'eux, avant d'attaquer des civils et d'en tuer trois, a écrit Mikhaïl Razvojaïev sur Telegram. L'assaillant, dont les motifs restaient inconnus dans l'immédiat et dont la nationalité n'a pas été précisée, a été arrêté.