De deux à neuf ans de prison ont été requis vendredi à Lille contre 19 prévenus soupçonnés d’avoir participé à un réseau d’acheminement de matériel nautique destiné à des passeurs de migrants à la frontière franco-britannique. Le dossier vise une organisation structurée, distincte des filières de passage classiques. La décision est attendue après les plaidoiries.
De deux à neuf ans de prison ont été requis vendredi à Lille à l'encontre de 19 personnes soupçonnées d'avoir fait partie d'un réseau d'acheminement de matériel nautique pour des passeurs de migrants à la frontière franco-britannique.
Des prévenus âgés de 22 à 49 ans
Lors de son réquisitoire, le ministère public a souligné la "spécificité" de ce dossier qui concerne "un réseau d'acheminement de matériel nautique en lien avec un réseau de passeurs", et non des "passeurs classiques" de migrants.
Âgés de 22 à 49 ans, les 19 prévenus, parmi lesquels une femme, sont majoritairement originaires d'Irak, mais aussi de Turquie et de Syrie.
Ils étaient jugés depuis lundi devant la chambre correctionnelle de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) du tribunal de Lille pour "aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d'un étranger en bande organisée" et "participation à une association de malfaiteurs".
Le parquet les a divisés en trois groupes, en fonction de leurs rôles présumés dans le réseau.
Jusqu'à 9 ans de prison et 150.000 euros d'amende
Trois des mis en cause, considérés comme les "têtes pensantes" du réseau, étaient aussi jugés pour "blanchiment aggravé en bande organisée" Le parquet a requis neuf ans de prison et 150.000 euros d'amende à l'encontre d'un Irakien de 34 ans soupçonné d'être le chef, et sept ans d'emprisonnement et 100.000 euros d'amende pour chacun des deux autres.
Le deuxième groupe était composé d'un "guetteur", d'un "rabatteur" et d'un "logisticien" selon le parquet, qui a requis des peines de quatre et cinq ans de prison et 20.000 et 30.000 euros d'amende à leur encontre.
Le dernier groupe était celui des chauffeurs: onze hommes et une femme accusés d'avoir transporté à de nombreuses reprises du matériel nautique (canots pneumatiques, gilets de sauvetage) d'Allemagne, où ces équipements étaient stockés, jusqu'au littoral du nord de la France, où ont lieu les départs clandestins vers l'Angleterre.
Une interdiction définitive du territoire français
Pour l'ensemble des prévenus, ces réquisitions ont été assorties d'une interdiction définitive du territoire français, a précisé le parquet, comparant l'organisation et la hiérarchie de ce réseau à celles observées dans les trafics de stupéfiants.
La décision devrait être mise en délibéré à l'issue des plaidoiries vendredi en fin d'après-midi.