Syrie : les forces du régime progressent dans la Ghouta, sans respecter la trêve

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Syrie, Ghouta orientale, Douma crédit : AMER ALMOHIBANY / AFP - 1280
Les bombardements se poursuivent dans la région de la Ghouta orientale alors que les forces du régime progressent © AMER ALMOHIBANY / AFP
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Les bombardements dans l'enclave rebelle devraient se poursuivre mardi après que la première distribution d'aide humanitaire de l'ONU a été écourtée et que le régime est soupçonné d'avoir utilisé des armes chimiques.

L'offensive des forces de Damas pour reprendre la Ghouta orientale devait se poursuivre mardi malgré les pressions internationales, au lendemain d'une première distribution d'aide humanitaire de l'ONU, écourtée en raison des bombardements du régime. Un deuxième convoi humanitaire de l'ONU est prévu jeudi.

Des soupçons d'attaque chimique. Lundi en soirée, de nouvelles allusions à l'usage d'armes chimiques par les forces de Damas ont vu le jour : "Dix-huit cas de suffocation et de difficultés respiratoires ont été recensés à Hammouriyé après le lancement d'une roquette par un avion militaire sur cette localité", a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), sans pouvoir préciser l'origine de ces malaises.

Des opposants au régime ont évoqué le recours par Damas à des "gaz toxiques", ce qu'ont qualifié les médias étatiques de "pièce de théâtre du chimique". Damas, qui a régulièrement démenti utiliser des armes chimiques, a été montré du doigt ces dernières semaines pour des attaques présumées au gaz de chlore.

Au moins 23 morts lundi. Après plus de deux semaines de pilonnage d'une rare intensité ayant tué plus de 760 civils, le régime a reconquis 40% du fief rebelle, situé aux portes de Damas et assiégé depuis 2013, l'OSDH. Pour la seule journée de lundi, au moins 73 civils y ont été tués par des bombardements visant plusieurs secteurs rebelles, dont Douma, selon l'OSDH.

Une première distribution d'aide écourtée. C'est dans cette grande ville qu'un convoi humanitaire d'une quarantaine de camions a pu entrer lundi, le premier à atteindre le secteur rebelle depuis le début, le 18 février, de l'offensive meurtrière des forces du régime, secondées par leur allié russe.

Le but de ces livraisons était de soulager environ 30.000 des quelques 400.000 habitants de l'enclave, qui subissent des pénuries de nourriture et de médicaments et vivent terrés dans les sous-sols. Mais le représentant en Syrie du Haut-commissariat pour les réfugiés de l'ONU a affirmé lundi soir que le convoi avait dû se retirer après neuf heures de livraisons effectuées "en plein milieu des bombardements".

Les forces du régime à deux kilomètres de Douma. Dans le cadre de leur offensive au sol, les forces pro-régime ont continué "d'avancer dans l'est de l'enclave", menant des combats contre Faylaq al-Rahmane et Jaich al-Islam, les deux principaux groupes rebelles dans l'enclave, a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. Lundi soir, les forces loyalistes ont repris la ville de Mohamadiyé dans le sud de l'enclave, après avoir reconquis plusieurs villes dans l'est au cours des dernières 72 heures. Elles contrôlent l'est et le sud-est de l'enclave et ont pris pied dans le cœur du fief rebelle, à deux kilomètres de Douma, selon l'OSDH.

Une pression internationale. Le président syrien Bachar al-Assad, sourd aux appels des puissances occidentales à respecter une trêve quotidienne de cinq heures mise en place par la Russie depuis une semaine, avait assuré dimanche que l'opération militaire dans la Ghouta "devait se poursuivre"

Le président français Emmanuel Macron a appelé lundi son homologue russe Vladimir Poutine à "prendre des mesures réelles et concrètes" pour que le régime syrien "accepte sans ambiguïté" une trêve. Lors d'un entretien téléphonique avec le président russe, Emmanuel Macron a aussi déploré "qu'aucune évacuation des blessés et malades n'ait été à ce stade autorisée par le régime" dans la Ghouta, selon la présidence française.