Syrie : 14 civils tués dans des bombardements malgré la trêve annoncée par Ankara

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La trêve annoncée jeudi soir aura été de courte durée puisque 14 civils ont été tués dès vendredi, par les forces d'Ankara, d'après une ONG.

Les européens vont lancer une initiative commune concernant la situation en Syrie. Le Conseil européen s'est achevé ce vendredi à Bruxelles, à la suite duquel Emmanuel Macron a annoncé qu'il allait rencontrer le président turc Recep Tayyip Erdogan avec Angela Merkel et Boris Johnson. 

Erdogan menace de reprendre l'offensive si "les promesses" ne sont pas respectées

Alors qu'un cessez-le-feu a été annoncé jeudi soir, avec une trêve de cinq jours, 14 civils ont été tués ce vendredi lors de bombardements des forces d'Ankara, selon une ONG. Tirs artillerie et bombardements se sont en effet poursuivis sur tous les points clés de la ligne de front même si les combats ont baissé en intensité. Des quartiers d'habitations civiles et un hôpital ont notamment été touchés. L'opération lancée par la Turquie depuis le 9 octobre avec des supplétifs syriens a ouvert un nouveau front dans la Syrie en guerre depuis 2011, où les forces kurdes partenaires des Occidentaux dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) ont accusé Washington de les avoir abandonnées.

Cette trêve est en réalité un coup politique initié par Donald Trump qui se retrouve en position délicate et tente de faire oublier qu'il a donné le feu vert à l'offensive turque, en lâchant ses alliés kurdes. Erdogan, isolé et condamné par la terre entière, a donc suivi. Il se retrouve sur le banc des accusés pour des crimes de guerre commis par les troupes turques qui se sont livrés à des massacres sur des civiles, avec leurs alliés islamistes. Les deux dirigeants avaient donc besoin de rafraîchir leur image même si les conditions de cette trêve sont surréalistes puisqu’elles prévoient que les Kurdes cessent toute résistance et abandonne leur territoire à la Turquie. Recep Tayyip Erdogan a également menacé de reprendre l'offensive, si "les promesses" n'étaient pas respectées d'ici mardi soir. Mazloum Abdi, le chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition dominée par les combattants kurdes, avait pourtant annoncé jeudi soir que ses forces étaient prêtes à "respecter le cessez-le-feu".

Europe 1
Par Didier François édité par Laura andrieu avec AFP