Soudan : Béchir déclare l'état d'urgence, limoge le gouvernement

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Le chef de l'État de 75 ans envisage de briguer un troisième mandat lors de la présidentielle de 2020.
Le chef de l'État de 75 ans envisage de briguer un troisième mandat lors de la présidentielle de 2020. © ASHRAF SHAZLY / AFP
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Le président Omar el-Béchir, qui fait face à une contestation dans les rues soudanaises depuis deux mois, a annoncé vendredi qu'il limogeait le gouvernement et déclarait l'état d'urgence dans le pays pour un an.

Le président soudanais Omar el-Béchir a déclaré vendredi l'état d'urgence dans l'ensemble du Soudan et annoncé le limogeage du gouvernement ainsi que des instances dirigeant les provinces du pays, secoué depuis deux mois par des manifestations réclamant son départ.

Des manifestations quasi-quotidiennes depuis deux mois. "J'annonce l'état d'urgence dans tout le pays pour un an", a déclaré Omar el-Béchir dans un discours télévisé à la Nation. "J'annonce la dissolution du gouvernement aux nivaux fédéral et provincial", a-t-il ajouté. En plein marasme économique, le Soudan est le théâtre depuis deux mois de manifestations quasi quotidiennes déclenchées par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain. La contestation s'est vite transformée en un mouvement réclamant la "chute" du président Béchir, au pouvoir depuis 1989.

Au moins 31 personnes morts depuis le début des troubles. Selon un bilan officiel, 31 personnes sont mortes depuis le début des troubles. L'ONG Human Rights Watch (HRW) évoque le chiffre de 51 morts, dont des enfants et des personnels médicaux. Des centaines de manifestants, dont des chefs de l'opposition, des militants et des journalistes, ont été emprisonnés par le puissant service du renseignement (NISS).

Béchir envisage un troisième mandat. Inébranlable face à ce qui constitue, selon des experts, son plus grand défi en trois décennies, le chef de l'État de 75 ans envisage de briguer un troisième mandat lors de la présidentielle de 2020. La seule façon de changer le pouvoir en place est de passer par les urnes, avait-il argué en janvier.