Pour la troisième année consécutive, le revenu médian de la population américaine est en hausse. En 2025, un ménage américain sur deux touchait plus de 6.343 euros (7.288 dollars), selon le Bureau du recensement des États-Unis. Des chiffres à remettre toutefois en perspective par rapport au coût de la vie sur place et aux inégalités.
Ce sont des statistiques qui donneraient des étoiles dans les yeux à beaucoup de Français. Selon le Bureau du recensement des États-Unis, le revenu médian annuel des ménages américains - qui compte 2,5 personnes en moyenne - s'est établi à 87.460 dollars (76.127 euros) en 2025. Ramené mensuellement, 50% des foyers ont gagné plus de 7.288 dollars (6.343 euros), soit près de deux fois le revenu médian français, calculé à 3.342 euros par mois par l'Insee.
Des chiffres ahurissants et qui, par la même, sont en hausse constante depuis trois ans. En 2022, cette médiane avait été notée à 81.460 dollars. Au total, on observe une hausse de 7,3% des revenus depuis la fin de la crise Covid-19. Après imposition fédérale et d'État, ce revenu médian passe à 76.060 dollars (66.248 euros).
La pauvreté en baisse
Habituée aux statistiques ethniques et de genre, l'administration américaine a ainsi pu déterminer que cette hausse avait été notable, par rapport à l'an dernier, pour les femmes (+3,2%), tandis que celui des hommes a stagné. Les personnes noires sont celles qui ont le plus gagné en revenus (+4,8%), suivies des personnes blanches (+3%) et celles blanches non-hispaniques (+2,9%). De leur côté, les personnes hispaniques et asiatiques n'ont pas observé d'augmentation.
Le gouvernement de Donald Trump peut aussi se targuer d'une baisse de la pauvreté. Celui-ci est calculé par Bureau de la gestion et du budget (OMB) en prenant en compte l'indice des prix à la consommation, et se chiffre à 32.970 dollars en 2025 pour un ménage moyen. "En 2025, le taux de pauvreté officiel a diminué de 0,5 point de pourcentage pour s'établir à 10,2 %. On comptait 34,5 millions de personnes vivant dans la pauvreté", est-il ainsi écrit.
De même, le taux de pauvreté infantile a chuté à un niveau "historiquement bas" selon le Bureau du recensement, qui annonce un chiffre à 13,4%. Record également pour les personnes hispaniques, dont 13,9% d'entre eux sont en situation de pauvreté, le plus bas taux jamais enregistré.
Des inégalités en hausse
Le point noir de cette grille statistique, c'est la hausse des inégalités entre les plus bas et les plus hauts salaires. Mesurée par l'indice de Gini, cette différence n'a pas bougé entre 2024 et 2025. Toutefois, le revenu des 10% les plus riches a augmenté de 1,7%, quand ceux étant dans le dernier décile n'ont pas vu leur salaire bouger entre les deux années.
De même, les résultats sont largement plus modestes en prenant en compte l'Indicateur de pauvreté supplémentaire (SPM). Ce dernier "élargit la mesure officielle de la pauvreté en prenant en compte plusieurs programmes gouvernementaux destinés à aider les familles à faibles revenus et qui ne sont pas inclus dans les calculs de la mesure officielle", est-il expliqué. Ainsi, il prend en compte les variations géographiques des dépenses de vie courante, notamment liées au logement, les différentes impositions selon l'État, les frais professionnels et les frais médicaux. Selon le Bureau du recensement, il peut être considéré comme "une mesure différente du bien-être économique" de la population.
Ainsi, le taux de SPM en 2025 a été établi à 13,1%, ce qui ne constitue aucune différence avec 2024. Pire, la statistique montre que "les personnes sans diplôme d'études secondaires" ont vu leur situation s'aggraver, tandis que les autres catégories socioprofessionnelles n'ont pas vu d'augmentation ou de baisse significative.
De plus, le taux de SPM apparaît au plus haut depuis 2016, en prenant en compte que la relance de l'activité durant le premier mandat de Donald Trump et l'extension du "CARES Act", pendant les années de Joe Biden, avaient permis à cet indicateur d'atteindre son plus bas historique en 2021 (7,8%).
Hausse des taux, conflit au Moyen-Orient... Le pessimisme règne pour 2026
Si l'ensemble des statistiques indique une situation plus favorable, le contexte d'instabilité majeure au Moyen-Orient pourrait faire dérailler cette bonne dynamique.
Ce mercredi 16 septembre, la Réserve fédérale (Fed) a annoncé la première hausse des taux directeurs depuis l'été 2023. Augmentés d'un quart de point, les coûts d'emprunt vont atteindre un intervalle compris entre 3,75% et 4%. L'inflation est "trop élevée, depuis trop longtemps", a ainsi justifié son président Kevin Warsh.
Et les statistiques ne lui donnent pas tort : si la Fed vise une limitation de l'inflation à 2%, cet objectif a été manqué depuis plus de cinq ans. Selon l'indice PCE de référence, les prix ont encore progressé de 3,7% sur un an durant le mois de juillet. Sauf que depuis, l'essence a atteint un pic encore jamais observé, à 6,27 dollars le gallon pour le diesel.
Le discours de Kevin Warsh devrait entraîner un ralentissement de l'emprunt et de la croissance, et donc, de l'élévation du niveau de vie. L'année prochaine, ces bilans pourraient ainsi passer du vert au rouge.