REPORTAGE - Hourras et pas de samba : au Brésil, les partisans de Bolsonaro fêtent la victoire

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Brésil, élection, Bolsonaro crédit : MAURO PIMENTEL / AFP - 1280 1:32
Les partisans du nouveau président Bolsonaro se sont rassemblés dans les rues de Rio pour fêter sa victoire © MAURO PIMENTEL / AFP
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Après l'élection du candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro à la tête du Brésil dimanche, ses partisans se sont rassemblés dans les rues de Rio pour célébrer le retour de l'ordre et la fin du parti des travailleurs jusque là au pouvoir.
REPORTAGE

Le Brésil a désormais un nouveau président : le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro, élu à 55,3% des voix dimanche soir. Ancien parachutiste de l'armée, ce chantre de la dictature militaire est un fervent défenseur du port d'arme. Son geste de la main imitant un pistolet, devenu sa marque de fabrique, est repris par ses partisans venus fêter par dizaines de milliers sa victoire dans les rues de Rio, comme a pu le constater l'envoyée spéciale d'Europe 1 sur place. 

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"Le parti des travailleurs, c'est fini". Des explosions de joie résonnent dans les quartiers riches de Rio. Jair Bolsonaro, numéro 17 sur l'urne électronique, l'inconnu d'extrême droite élu président incarne désormais le dégagisme à la brésilienne. "C'est la fête pour les générations qui viennent. Moi, je suis déjà deux fois grand-mère, ça fait combien de temps qu'on attend de voir ça au Brésil ? Quelle merveille, Dieu merci !", s'enthousiasme Maria au micro d'Europe 1.

Des ballons géants à l'effigie de Lula en habit de taulard, l'ancien président socialiste condamné à 12 ans de prison pour corruption, flottent au-dessus des partisans de Bolsonaro. Dans les rues, on entend des cris "dehors le parti des travailleurs". "Le parti des travailleurs, c'est fini", assure Moudar. "Ils ont tellement volé. Lula est un voleur corrompu, c'est terminé, plus jamais", s'emporte-t-il encore. "Bolsonaro est un mec plein de franchise. Ce que n'avait pas la gauche, ce ne sont que des menteurs !", abonde Maria. 

Voter pour Bolsonaro pour plus de sécurité. En votant pour le candidat d'extrême droite, Thiago espère le retour de la fermeté militaire pour remettre de l'ordre. Derrière lui, flotte un drapeau "Ustra Vive", un signe d'apologie de la torture brésilienne du colonel Carlos Alberto Brilhante Ustra, mentor assumé du nouveau président.

"Il y en a marre de la gauche qui dit : 'On est gentils, on vous aide.' Mais quand ils donnaient 10 réals à ma famille, ils s'en mettaient des millions dans les poches. Alors c'est cool de les mettre dehors. Et moi, je veux de la sécurité, que les flics viennent chercher les trafiquants." Au-dessus des "hourras" et des pas de samba, des hélicoptères de l'armée arborant fièrement le drapeau du Brésil en signe de victoire survolent déjà la foule.

Europe 1
Par Sandrine Prioul, envoyée spéciale à Rio, édité par Marthe Ronteix