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Référendum «Pas de Suisse à 10 millions !» : pourquoi le pays veut-il plafonner le nombre d'habitants ?

Des représentants de l'UDC se tiennent à côté d'une bannière sur laquelle on peut lire en allemand : "Non à la Suisse à 10 millions d'habitants ! Initiative pour la durabilité", après la remise des signatures nécessaires pour lancer l'initiative. Fabrice COFFRINI / AFP [Fabrice COFFRINI / AFP]

Les citoyens suisses seront appelés à voter le 14 juin prochain, pour s'exprimer sur l'initiative "Pas de Suisse à 10 millions !", portée par l’Union démocratique du centre (UDC). Un référendum qui a pour but de "limiter la population résidante permanente", informe le portail du Gouvernement suisse.

"Acceptez-vous l'initiative populaire 'Pas de Suisse à 10 millions !' ?". C'est la question qui sera posée aux Suisses le 14 juin prochain. Cet référendum vise à inscrire dans la Constitution le plafonnement de la population du pays à 10 millions d'habitants maximum d'ici à 2050. 

Dans le cas où la population dépasserait 9,5 millions d'habitants, le gouvernement et le parlement devraient d'abord prendre des mesures dans le domaine de l'asile.

52% d'avis favorables

Avec cette votation populaire, le parti Union démocratique du centre (UDC) veut concentrer le débat autour de l'explosion démographique du pays, répondant à une inquiétude croissante liée aux problématiques du logements, à la forte urbanisation, ou encore à l'insécurité. 

Depuis l'instauration de la libre circulation au début des années 2000, "la population a augmenté d'environ 1,7 million de personnes", indique le portail du Gouvernement suisse. Fin 2025, le pays enregistrait environ 9,1 millions d’habitants. Une majorité de la population semble favorable à un plafonnement, soit 52% d'avis "pour", selon un récent sondage de l'institut Leewas pour 20 Minutes/Tamedia.

Mais pour le Conseil fédéral et le Parlement, cette initiative présentent des limites : "Elle nuit à l’économie, menace la prospérité et la sûreté intérieure et entraînera des charges importantes pour la Confédération et les cantons. Elle remet, en outre, en question la voie bilatérale avec l'UE et notre tradition humanitaire". 

Une mise en oeuvre progressive

Concrètement, le texte prévoit une mise en application graduelle, avec un premier palier de 9,5 millions d'habitants. La Suisse prendrait ainsi des mesures, comme le refus de nouveaux demandeurs d’asile et un contrôle plus strict du regroupement familial. Par ailleurs, les personnes admises à titre provisoire ne se verraient plus accordées de permis de séjour durable, ni la nationalité.

Au-delà de 10 millions d'habitants, d'autres dispositions, plus radicales, s'ajouteraient, pouvant déboucher sur une remise en question de l'accord de libre circulation avec l'Union européenne dans le cas où la population ne redescendrait pas sous ce seuil dans un délai de deux ans.