"Ça s'est passé dans une chambre d'enfant" : la première plaignante a témoigné au procès d'Harvey Weinstein

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© EDUARDO MUNOZ ALVAREZ / AFP
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Aux Etats-Unis, l'une des deux victimes principales d'Harvey Weinstein a témoigné lundi, racontant son agression sexuelle en juillet 2006. Mimi Haleyi a décrit avec des détails parfois très cru le viol qu'elle affirme avoir subi de la part de l'ancien producteur tout-puissant d'Hollywood. 

Au procès d’Harvey Weinstein, une première accusatrice a été appelée à la barre, lundi. L'une des deux victimes principales du procès du producteur américain de cinéma a raconté lundi comment elle avait été agressée sexuellement par le producteur hollywoodien, à New York. Si plus de 80 femmes ont accusé le magnat du cinéma de les avoir harcelées ou agressées sexuellement, Harvey Weinstein n'est poursuivi devant un tribunal pénal new-yorkais que par deux femmes. C’est l’une d’elle, l'ancienne assistante de production Mimi Haleyi, aujourd'hui âgée de 42 ans, qui témoignait. Compte-rendu d’audience.

"Ça s'est passé dans une chambre d'enfant". Mimi Haleyi décrit les dessins sur les murs, le poids d'Harvey Weinstein qui l'écrase sur le lit. L'ancienne assistante de production sanglote. "J'ai réalisé qu'il était en train de me violer", dit-elle. Ce jour de juillet 2006, elle pensait pourtant se rendre à un rendez-vous professionnel, chez le producteur, dans son appartement du quartier très chic de Soho, à New York.

Celui qui pouvait faire et défaire les carrières à Hollywood

Pendant ce récit aux détails parfois très crus, le visage pâle et grêlé d'Harvey Weinstein réprime des grimaces. Et quand vient le tour de la défense, l'ancien producteur se redresse, attentif. L'un de ses avocats s'applique à démontrer que la relation entre les deux était consentie, il cite des messages amicaux et des demandes de services de Mimi Haleyi après les faits reprochés.

Des pages de son agenda personnel apparaissent sur un grand écran, l'avocat pointe des petits cœurs dessinés dans la marge, quelques jours après l'agression. "Ce que nous dessinons reflète souvent notre état d'esprit, n'est-ce pas?", demande l'avocat. "Peut-être", répond Mimi Haleyi, pas vraiment déstabilisée. Elle explique qu'elle voulait continuer à avoir une relation professionnelle avec celui qui pouvait faire et défaire les carrières à Hollywood.

Europe 1
Par Xavier Yvon, édité par Séverine Mermilliod