Malgré l'éloignement d'une potentielle fin de conflit en Iran, les cours du baril de pétrole se stabilisent autour des 100 dollars. En cause notamment : la baisse de la demande chinoise, qui permet de limiter la hausse des prix.
Négociations au point mort, violations du cessez-le-feu des deux côtés... Malgré les promesses de Donald Trump, la perspective d’une fin de la guerre en Iran n’a jamais paru aussi lointaine.
Une guerre qui fait grimper les prix du baril de pétrole, alors que le détroit d'Ormuz par lequel transitait près de 20% du pétrole mondial avant le début du conflit, reste bloqué. Pour autant, les prix de l'or noir se stabilisent autour des 100 dollars le baril, loin de l'envolée anticipée.
Une Chine qui réduit sa demande sur les marchés internationaux
En cause notamment : la Chine, premier importateur mondial qui absorbe d'habitude près de 40% de l'or noir en provenance des pays du Golfe. Mais plutôt que de remplacer tout ce pétrole au prix fort en se tournant vers d’autres pays exportateurs, Pékin puise dans ses réserves stratégiques et mise sur le nucléaire, le charbon et les énergies renouvelables pour son électricité. Conséquence : la demande de pétrole brut du premier consommateur mondial s’effondre.
"Les importations chinoises de pétrole transportées par la mer sont tombées à leur plus bas niveau depuis près de 10 ans. Tant que la Chine continue de puiser dans ses stocks, elle agit comme un espèce d’amortisseur qui limite la hausse du pétrole", note au micro d'Europe 1 John Plassard, spécialiste des marchés pour Cité Gestion.
Un prix qui détruit la demande
Au niveau mondial, l'autre raison, c'est paradoxalement l'envolée des prix des carburants, qui maintient le cours du brut sous les 100 dollars. "C’est le ralentissement économique et la destruction de la demande par les prix. Au-dessus d’un certain seuil, vous avez des consommateurs qui arrêtent d’acheter du pétrole”, analyse Nicolas Goldberg, spécialiste de l'énergie.
Désormais, pour le deuxième trimestre 2026, l’Agence internationale de l’énergie anticipe une chute de la demande de 1,5 millions de barils par jour.