Pour le porte-parole de Poutine, les accusatrices de Weinstein sont des "prostituées"

, modifié à
  • A
  • A
"Comment appelez-vous une femme qui a couché avec un homme pour dix millions de dollars ? Une prostituée", a lâché Dmitri Peskov devant des étudiants.
"Comment appelez-vous une femme qui a couché avec un homme pour dix millions de dollars ? Une prostituée", a lâché Dmitri Peskov devant des étudiants. © SERGEI KARPUKHIN / POOL / AFP
Partagez sur :
Ces accusatrices "voulaient gagner dix millions de dollars", a expliqué Dmitri Peskov, concédant que le producteur était "peut-être un salaud". 

Le porte-parole du président russe Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, a qualifié de "prostituées" les actrices qui ont accusé de harcèlement sexuel le producteur d'Hollywood tombé en disgrâce, Harvey Weinstein.

"Concepts d'honneur et de dignité". S'exprimant devant des étudiants à Moscou, Dmitri Peskov a estimé que ces femmes, devenues selon lui de véritables stars, avaient "fait beaucoup de choses qui n'étaient pas compatibles avec les concepts d'honneur et de dignité". "Elles ont gagné des centaines de millions de dollars et, dix ans après, elles disent que Weinstein est fautif", a ajouté le porte-parole de Vladimir Poutine cité jeudi par la radio Echo de Moscou.

"Elles voulaient gagner dix millions". "Peut-être que c'est un salaud, mais aucune d'entre elles n'est allée à la police ! Non, elles voulaient gagner dix millions de dollars". "Comment appelez-vous une femme qui a couché avec un homme pour dix millions de dollars ? Une prostituée", a poursuivi Dmitri Peskov. 

#MeToo débarque en Russie. Il répondait à une question posée par un journaliste sur le député russe Léonid Sloutski, accusé par des femmes journalistes de harcèlement sexuel et récemment disculpé par une commission parlementaire. Les accusations portées contre Léonid Sloutski ont constitué le premier scandale médiatique dans ce domaine en Russie depuis l'émergence, à la suite de l'affaire Weinstein, du mouvement #MeToo. Elles ont incité plusieurs femmes à s'exprimer sur le sujet, dans un pays où les cas de harcèlement sexuel sont souvent relativisés ou traités avec ironie.