C'est un poste particulièrement exposé au regard des crises que traverse le monde. Ce jeudi, les 15 membres du Conseil de sécurité vont se prononcer pour la première fois sur celui qu'ils estiment être le mieux placé pour succéder à Antonio Guterres au poste de secrétaire général de l'ONU. Mais qui sont les sept candidats ?
Dans moins de six mois, Antonio Guterres arrivera au terme de son second mandat de secrétaire général de l'ONU. L'organisation prépare déjà sa succession et une campagne s'est lancée sans qu'elle fasse grand bruit. Le vendredi 24 juillet, six candidats, quatre femmes et deux hommes, ont débattu dans la salle de l'Assemblée générale.
Le lendemain, une septième candidature a émergé. Une situation rendue possible par le fait que l'ONU ne fixe pas de date limite pour le dépôt des candidatures. Ce jeudi, les 15 membres de Conseil de sécurité se prononceront pour la première fois, par un vote, pour désigner la personne qu'ils estiment la mieux placée pour succéder à l'ancien Premier ministre portugais. Mais qui sont-ils ?
Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili
À 74 ans et après avoir été la première femme présidente du Chili (entre 2006 et 2010 puis entre 2014 et 2018), Michelle Bachelet souhaite désormais devenir la première femme secrétaire générale de l'ONU. Sa candidature est portée par le Mexique et le Brésil, le Chili ne la soutenant plus depuis l'arrivée au pouvoir de José Antonio Kast.
En plus de son expérience de cheffe d'État, Michelle Bachelet a également occupé des postes au sein d'institutions des Nations unies. Elle a été la première directrice de l'ONU Femmes avant de devenir Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme.
Maria Fernanda Espinosa, ancienne ministre équatorienne
Ancienne ministre des Affaires étrangères et de la Défense de l'Équateur, Maria Fernanda Espinosa a également occupé le poste de présidente de l'Assemblée générale des Nations unies entre 2018 et 2019. Elle aussi estime qu'il est temps que l'ONU ait une femme comme secrétaire générale, il s'agit même d'un "enjeu historique".
Maria Fernanda Espinosa, 61 ans, a affirmé que l'ONU doit "se réformer, se transformer", faute de quoi, l'institution finira par "disparaître". Elle a également proposé la création d'un mécanisme pour anticiper et empêcher que de nouveaux conflits se déclenchent dans le monde. Sa candidature n'est pas soutenue par son pays, c'est Antigua-et-Barbuda qui la porte.
Carolyn Rodrigues-Birkett, ancienne ministre du Guyana
Troisième candidate, l'actuelle représentante du Guyana auprès des Nations unies, Carolyn Rodrigues-Birkett a eu une carrière politique de premier plan dans son pays. Elle a occupé les fonctions de ministre des Affaires amérindiennes en 2001, puis en 2008, et pendant sept ans, elle a été ministre des Affaires étrangères.
Pendant le débat à six, vendredi dernier, elle a appelé à renforcer les fonctions du secrétaire général et de restaurer la "crédibilité" de l'ONU. Selon elle, l'institution doit être jugée sur ses actions en faveur du développement et de la défense des droits humains et pas uniquement sur "le prisme de la paix et de la sécurité".
Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica
Dernière femme à se présenter, Rebeca Grynspan souhaite faire de l'ONU un acteur réel au retour de la paix dans le monde. Si elle est élue, elle a affirmé, le 22 avril dernier, qu'elle serait "la première à aller sur place et à parler à toutes les parties".
L'actuelle dirigeante de l'agence de l'ONU pour le commerce et le développement (CNUCED) ne veut plus que les gens se disent "Où est l'ONU ?". Lors du débat, elle a déploré que l'institution soit devenue "une organisation conservatrice en matière de risque".
Rafael Grossi, dirigeant de l'Agence internationale pour l'énergie atomique
Rafael Grossi est sans doute l'un des candidats qui comprend le mieux l'importance du poste de secrétaire général de l'ONU. Actuel directeur général de l'Agence internationale pour l'énergie atomique, il s'est occupé du programme nucléaire iranien mais aussi des questions de sécurité des centrales de Tchernobyl et de Zaporijjia en 2022 durant la guerre en Ukraine.
Deux des dossiers les plus importants qui attendent le futur secrétaire général de l'ONU. Dans sa lettre de candidature, il appelle à un "retour" de l'organisation "à ses bases fondatrices : sauver l'humanité du fléau de la guerre".
Macky Sall, ancien président du Sénégal
Après la présidence du Sénégal entre 2012 et 2024, Macky Sall souhaite désormais occuper un poste international. Selon lui, un secrétaire général de l'ONU doit être "un facilitateur" mais aussi "un lanceur d'alerte", capable de discuter avec toutes les parties. Il appelle également à une réforme budgétaire de l'organisation.
Si sa candidature est présentée par le Burundi, elle ne fait pas l'unanimité au sein de l'Union africaine, qui rassemble 55 États. Ce n'est que depuis la semaine dernière que Dakar a décidé de lui apporter son soutien.
Olara Otunnu, ancien secrétaire général adjoint de l'ONU
Sa candidature n'a été déposée que le 25 juillet dernier par l'Ouganda. Olara Otunnu est l'ancien secrétaire général adjoint de l'ONU et représentant spécial pour les enfants et les conflits armés, fonction qu'il a exercée de 1997 à 2005.
Il est le deuxième candidat à cette élection qui ne vient pas d'Amérique latine. Le continent revendique le poste au nom d'une tradition de rotation entre les grandes régions du monde. Cette pratique n'est toutefois inscrite dans aucun texte officiel et peut donc ne pas être respectée.
Ce jeudi, les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU voteront donc à bulletin secret. Un candidat devra obtenir neuf voix minimum et ne faire l'objet d'aucun veto. Si les membres du Conseil ne parviennent pas à se mettre d'accord, ils doivent débattre jusqu'à y parvenir.
Une fois qu'un nom sera choisi, il sera soumis à l'approbation de l'Assemblée générale qui adoptera ensuite une résolution nommant officiellement le candidat. Son mandat débutera le 1er janvier 2027.