Nouveau drame pour les Rohingyas, l'ONU veut un accès humanitaire en Birmanie

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Le patron des Nations unies a aussi dénoncé jeudi le "cauchemar humanitaire" dont les Rohingyas, réfugiés au Bangladesh, sont victimes. 

Le patron des Nations unies Antonio Guterres a réclamé un "arrêt des opérations militaires" dans l'ouest de la Birmanie et dénoncé un "cauchemar humanitaire", au moment où la minorité rohingya était frappée par un nouveau drame avec la mort d'au moins 15 réfugiés dans un naufrage.

10 enfants noyés. Une embarcation de Rohingyas, partie mercredi soir vers le Bangladesh depuis un village côtier de l'Etat Rakhine, a coulé à quelques encablures de la terre ferme, victime de pluies torrentielles et de vents violents. Les eaux du golfe du Bengale ont charrié 15 corps, dont ceux de 10 enfants et 4 femmes, un bilan qui devrait s'alourdir.

Un demi-million de Rohingyas au Bangladesh. Lors d'une rare réunion publique du Conseil de sécurité sur la Birmanie, demandée par sept de ses 15 membres, Antonio Guterres a aussi demandé jeudi au gouvernement birman un "accès humanitaire" dans la zone de conflit et "le retour en sécurité, volontaire, digne et durable" dans leurs régions d'origine des réfugiés ayant fui au Bangladesh. Le nombre de Rohingyas réfugiés dans ce pays depuis fin août pour échapper aux violences en Birmanie a franchi jeudi la barre du demi-million, selon les Nations unies, soit l'un des plus importants déplacements de population de ce début de XXIe siècle en Asie.

Moscou et Pékin au secours de la Birmanie. "Il n'y a ni nettoyage ethnique, ni génocide en Birmanie", a assuré au Conseil Thaung Tun, conseiller birman à la sécurité nationale. "Le terrorisme n'a pas sa place dans un monde civilisé", a-t-il ajouté lors de la réunion de la plus haute instance onusienne, divisée sur le dossier birman. Pékin, comme Moscou, a apporté son appui aux autorités birmanes. "Nous soutiendrons la Birmanie pour qu'elle rétablisse la situation. Nous espérons que la sécurité pourra être rétablie et que la population n'aura pas à souffrir, afin que le développement économique du pays puisse être garanti", a déclaré le représentant chinois au Conseil de sécurité, Wu Haitao, lors d'une très brève intervention. La Chine est le principal soutien de la Birmanie, où elle compte d'importants intérêts économiques.