Les conditions de vie dramatiques des Rohingyas

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Près de 500.000 personnes de cette minorité musulmane chassées de Birmanie ont trouvé refuge à la frontière avec le Bangladesh. Les pluies diluviennes rendent leurs conditions de vie encore plus difficiles.
REPORTAGE

Le conseil de sécurité de l'ONU se réunit jeudi pour évoquer une nouvelle fois la crise humanitaire qui touche les Rohingyas. Près de 500.000 personnes de cette minorité musulmane chassées de Birmanie ont trouvé refuge à la frontière avec le Bangladesh. Un afflux très difficile à gérer pour le pays d'autant que les conditions de vie sont rendues extrêmement difficiles en raison des pluies diluviennes.

Des bâches sur des structures en bambou. Ainsi, lorsqu'ils débarquent sur les rives du Bangladesh, les Rohingyas n'en n'ont pas terminé avec les épreuves. Trouver une place sur les hectares de terre transformés en immenses camps de réfugiés relève du combat. Dans les champs et sur les collines en terrasses, des bâches sont montées sur des structures en bambou. Mais les pluies torrentielles les balayent parfois en quelques heures et les rizières débordent.

Entendu sur europe1 :
Je noue un pull autour de mon ventre pour oublier la faim

"C'est un jour sans espoir". Les réfugiés ont parfois de l'eau jusqu'à la taille. Leurs pieds collent et s'enfoncent dans les couches de boue. Une réfugiée grelotte sur le bord de la route : "Cette nuit pendant qu'on dormait, l'eau est montée jusqu'au cou. On a tenu les enfants en hauteur. L'eau a fini par détruire la toile de plastique qu'on appelle désormais notre maison. La nourriture est partie avec les eaux. C'est un jour sans espoir. Je noue un pull autour de mon ventre pour oublier la faim", témoigne-t-elle au micro d'Europe 1.

"Je me bats pour presque rien". Les distributions de nourriture sont régulières mais anarchiques. Ce sont des sacs de riz jetés des camions, des sachets de lait déchirés dans des bousculades. Ce jour-là, cette mère de famille réussit à attraper un paquet de biscuit : "C'est tous les jours pareil. Je me bats physiquement pour presque rien. Il me faudrait au moins un peu de riz pour mes enfants. J'essaye d'en trouver sur le bord de la route."

Dans des haut-parleurs, les autorités ordonnent aux réfugiés de ne pas s'éloigner de la zone des camps. Quelques kilomètres plus loin, des gens s'attroupent sur une berge. Quatre gardes frontières portent la dépouille d'une femme rohingya. Noyée pendant la traversée ou exécutée, le courant l'a charriée vers le camp.

Les conditions de vie dramatiques des Rohingyas