"Nous ne sommes pas prêts" : quand Bill Gates prédisait (presque) l'épidémie de coronavirus

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À travers sa fondation, Bill Gates milite pour le développement des systèmes de santé dans les pays pauvres.
À travers sa fondation, Bill Gates milite pour le développement des systèmes de santé dans les pays pauvres. © MICHAEL COHEN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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En 2015, le milliardaire philanthrope Bill Gates avait alerté, lors d'une conférence, sur le manque de préparation des États en cas d'épidémie mondiale. Un discours étrangement prophétique tant le scénario imaginé par Bill Gates rappelle celui de l'apparition du coronavirus.

"Nous ne sommes pas prêts pour la prochaine épidémie" : c'est par ces mots qui semblent aujourd'hui prophétiques que Bill Gates débutait en 2015 une conférence sur les leçons à tirer d'Ebola. Le fondateur de Microsoft, désormais engagé dans l'humanitaire avec la fondation Bill & Melinda Gates, s'exprimait lors d'un "Ted Talk", une courte conférence retransmise sur Youtube et pour le moins troublante. Pendant huit minutes, Bill Gates semble ainsi prédire l'apparition du coronavirus Covid-19. A tel point que la vidéo connaît un regain d'intérêt depuis quelques jours, via les partages sur les réseaux sociaux.

"La prochaine épidémie pourrait être bien plus dramatique"

"Quand j'étais gamin, la catastrophe dont on avait le plus peur était une guerre nucléaire. Mais aujourd’hui, le plus grand risque de catastrophe mondiale ne ressemble pas à ça. Il ressemble à ça", explique Bill Gates, désignant un virus vu au microscope. "Si quelque chose tue plus de 10 millions de gens dans les prochaines décennies, ça sera probablement un virus hautement contagieux plutôt qu'une guerre. Nous avons énormément investi dans la dissuasion nucléaire, mais très peu dans un système pour arrêter les épidémies. Nous ne sommes pas prêts pour la prochaine épidémie", alerte-t-il.

S'exprimant alors que l'épidémie d'Ebola était sur le point d'être éradiquée en Afrique de l'Ouest, non sans avoir tué des milliers de personnes auparavant, Bill Gates s'appuyait alors sur l'actualité : "Regardez Ebola : le problème n’était pas que le système n’a pas assez bien marché. C’était qu’il n’y avait pas de système tout court". "La prochaine épidémie pourrait être bien plus dramatique. Il pourrait y avoir un virus avec lequel les gens infectés se sentiraient suffisamment bien pour prendre l’avion, aller au marché…", annonçait-il. Des propos qui rappellent fortement les symptômes et le comportement des personnes infectées par le Covid-19.

Volontiers alarmiste, Bill Gates nuançait tout de même son propos sur la fin, assurant que les solutions étaient à portée de main. "On a des portables pour recevoir et diffuser l'information au public. On a des cartes satellites où l'on peut voir les gens et où ils vont. On a les avancées en biologie qui pourraient changer notre manière de voir un agent pathogène et nous permettre de fabriquer des médicaments et des vaccins adaptés. On a les outils, mais ces outils doivent être employés par un système de santé mondial", plaidait-il, ajoutant que la coopération entre personnels de santé et armée était aussi cruciale.

Appel au confinement

Fervent militant, avec sa femme Melinda, du développement des systèmes de santé des pays pauvres, Bill Gates avait réitéré ce discours en 2017 lors d'une conférence sur la sécurité à Munich. Logiquement, il s'est donc exprimé mercredi sur l'épidémie de Covid-19, lors d'une session de questions-réponses avec des internautes sur le site Reddit. "Nous devons rester calmes, même si nous vivons une situation exceptionnelle", a-t-il souligné.

Le milliardaire philanthrope a également appelé les gens à se confiner le plus sérieusement possible. "Le seul modèle efficace connu est celui d’une rigoureuse distanciation sociale. Si vous ne faîtes pas ça, alors le virus touchera une large partie de la population et les hôpitaux se retrouveront en état de saturation en raison de l’afflux de personnes malades", a martelé Bill Gates. "La Chine voit le nombre de cas diminuer désormais parce que la mise en place des tests et du confinement a été très efficace. "Si un pays réussi à mettre en place des tests et à faire respecter le confinement, alors entre 6 à 10 semaines, il devrait voir le nombre de cas baisser et commencer à pouvoir envisager un retour à la normal", a-t-il estimé. 

Bill Gates n'est pas le seul à avoir anticipé et alerté sur le risque d'une pandémie soudaine. En 2009, dans un rapport de projection sur "le monde en 2025", la CIA avait déjà envisagé le scénario d'un virus respiratoire hautement contagieux, qui pourrait apparaître notamment en Chine, par le biais des animaux.