Pour l'économiste Marc Touati, la guerre au Moyen-Orient va provoquer la plus grave crise depuis 2008. Du fait de finances publiques déjà dans le rouge, il explique dans "Dimitri Pavlenko et vous" que la France va particulièrement pâtir de la situation. Et il ne faut pas compter sur l'aide de la BCE.
Un baril de Brent qui frôle la barre des 115 dollars, le gaz qui connaît une envolée historique. La guerre américano-israélienne contre le régime des mollahs en Iran a de très sérieuses conséquences sur le front de l'énergie. Et la situation risque de durer, puisque désormais, les infrastructures énergétiques, jusqu'ici relativement épargnées, sont désormais des cibles de choix pour les belligérants.
Alors forcément, cette situation explosive se ressent sur les prix qui dépassent souvent les 2 euros le litre. "Le problème, c'est qu'il y a aussi un mouvement de spéculation, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, c'est vrai qu'il n'y a pas de risque sur l'approvisionnement mondial de pétrole", réagit dans Dimitri Pavlenko et vous, Marc Touati.
L'Europe va souffrir, et particulièrement la France
"D'ailleurs, c'est très intéressant de voir que le cours du baril qui augmente le plus, c'est le cours justement du Brent, de Londres, donc européen, pareil sur le gaz, le cours du gaz explose également en Europe, mais pas aux États-Unis. Même aux États-Unis, le cours du gaz naturel, il est même moins 5% par rapport au niveau de début d'année."
"Donc, comme d'habitude, ce qui fait très peur, c'est que ce sont nous, les Européens, et les Français en particulier, qui allons malheureusement souffrir le plus de cette crise, parce qu'elle est liée bien sûr à notre manque d'indépendance énergétique. Ce qui fait que, même si encore on a le nucléaire en France, on va devoir s'adapter sur les cours du gaz notamment pour faire plaisir à l'Allemagne", explique encore le spécialiste pour qui "cette augmentation des prix va durer".
Car en admettant que la guerre s'arrête à l'instant-T, "il va falloir refaire les stocks, et ça va prendre du temps, il va falloir refaire les infrastructures, ça va prendre du temps. Donc là on est un petit peu coincé, je pense que malheureusement la France, notamment et également la zone euro, mais en particulier la France, nous allons connaître notre plus grave crise économique et financière depuis la récession de 2008-2009".
Pas de "planche à billets" de la BCE
Et si la France va particulièrement pâtir de cette situation, c'est tout simplement parce que les caisses sont vides. "En temps normal, un pays qui a les moyens d'affronter cette crise peut éventuellement relancer la machine, faire une relance. Sauf que nous, on a déjà tout gaspillé."
Sans oublier que l'inflation empêche toute action concrète de la BCE. Exit donc la "planche à billets" européenne ou encore "la baisse des taux d'intérêt". "Donc ce qui est très inquiétant, c'est que malheureusement, on va souffrir davantage que d'autres pays, notamment que les États-Unis, comme on l'avait d'ailleurs vécu en 2022 après la guerre en Ukraine."