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Népal : poursuites recommandées contre l'ex-Premier ministre pour la répression des émeutes de 2025

L'ex-Premier ministre KP Sharma Oli (Archives) [Sanjit Pariyar / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Des poursuites pénales contre l'ex-Premier ministre du Népal, KP Sharma Oli, et plusieurs autres anciens hauts responsables du pays, ont été recommandées par une commission chargée d'enquêter sur l'insurrection meurtrière qui a causé la chute du gouvernement en septembre 2025.

La commission chargée d'enquêter au Népal sur l'insurrection meurtrière qui a causé la chute du gouvernement en septembre 2025 a recommandé des poursuites pénales contre l'ex-Premier ministre KP Sharma Oli et plusieurs autres anciens hauts responsables du pays.

Un scrutin largement dominé par le parti centriste

Son épais rapport a été publié dans la presse locale jeudi, quelques heures avant la première réunion de la Chambre des représentants élue lors des législatives anticipées convoquées au début du mois, après la chute du gouvernement de Sharma Oli lors de ces émeutes.

Le scrutin a été remporté haut la main par le Parti national indépendant (RSP, centriste), qui a raflé une confortable majorité de 182 des 275 sièges à pourvoir. Les nouveaux parlementaires ont prêté serment lors d'une courte cérémonie jeudi après-midi.

Erigé en porte-parole de la contestation des jeunes de la Génération Z, le rappeur devenu maire de Katmandou Balendra Shah, 35 ans, vainqueur de Sharma Oli dans son bastion électoral, doit être investi Premier ministre vendredi.

"Il a été décidé de recommander que le gouvernement du Népal ouvre une enquête et engage des poursuites contre les chefs de l'exécutif, le Premier ministre KP Sharma Oli, l'ex-ministre de l'Intérieur Ramesh Lekhak et l'ex-inspecteur général de la police Chandra Kuber Khapung", écrit le rapport.

L'ex-Premier ministre communiste a publiquement nié à plusieurs reprises avoir ordonné à la police d'ouvrir le feu sur les manifestants du 8 septembre. Ce jour-là, des milliers de jeunes réunis sous la bannière de la Génération Z étaient descendus dans les rues de Katmandou et de nombreuses villes du pays pour dénoncer le blocage des réseaux sociaux, la corruption des élites et le chômage.

Tirs à balles réelles

Au moins 19 manifestants ont été tués par balles dans la capitale, et des dizaines d'autres blessés. En conclusion de ses 900 pages, le rapport relève que l'ancien ministre était "en charge de l'administration de l'Intérieur et des forces de sécurité, et avait la responsabilité du maintien de l'ordre" mais qu'il "ne semble pas avoir pris la moindre décision cet après-midi là (...) pour empêcher d'autres pertes".

Si la commission écrit qu'elle n'a pas "pu établir s'il y avait eu un ordre formel d'ouvrir le feu", elle considère cependant "qu'aucun effort n'a été fait pour arrêter ou maîtriser les tirs et que, en raison de cette négligence, même des mineurs ont perdu la vie".

Le 9 septembre, la foule en colère avait détruit, incendié ou pillé de nombreux bâtiments publics, dont le parlement, considérés comme des symboles du pouvoir, et des commerces. Le calme était revenu le soir avec le déploiement de l'armée.

Au moins 77 morts

Au total, la contestation s'est soldée par la mort d'au moins 77 personnes, selon un bilan officiel. Le rapport de la commission mentionne que 48 des 63 victimes autopsiées ont révélé des blessures mortelles par balles.

Nommée au lendemain des émeutes à la tête d'un gouvernement provisoire, l'ex-cheffe de la Cour suprême, Sushila Karki, 73 ans, a désigné une commission indépendante chargée de faire la lumière sur ces violences, les plus meurtrières au Népal depuis la fin de la guerre civile en 2006.

Au terme de plusieurs mois de travaux et l'audition de plus de 200 témoins, la commission a rendu son rapport le 8 mars. Il n'a pas été immédiatement rendu public mais le gouvernement provisoire de Mme Karki avait annoncé mercredi soir qu'il le serait rapidement.