Mobilisation en Algérie : "Nous sortons dans les rues d'Alger pour dire que l'Algérie nous appartient"

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De nouvelles manifestations d'ampleur sont attendues vendredi en Algérie, alors qu'Abdelaziz Bouteflika s'est adressé à son peuple, jeudi. "Ils veulent nous inciter à la haine", confie une étudiante de 19 ans sur Europe 1.

En Algérie, la mobilisation ne faiblit pas. La population proteste toujours contre la volonté d’Abdelaziz Bouteflika de briguer un cinquième mandat présidentiel. De nouvelles manifestations massives sont attendues vendredi, alors que les appels sur les réseaux sociaux se multiplient.

"Revendiquer nos droits d'une seule et même voix." "Ce sera bien plus qu'une marche. C'est une manifestation. Évidemment, je vais sortir avec mes sœurs, avec les membres de ma famille. Il va y avoir des hommes, des femmes. Ce sera le troisième acte, le troisième vendredi que nous sortons dans les rues d'Alger pour manifester, pour revendiquer nos droits d'une seule et même voix, pour dire que l'Algérie nous appartient", explique une manifestante sur Europe 1.

Mobilisation en Algérie : "Nous sortons dans les rues d'Alger pour dire que l'Algérie nous appartient"

Le président, lui, est toujours hospitalisé en Suisse. Il s'est adressé jeudi à son peuple via un intermédiaire. Le message tient dans une simple lettre, lue en son nom par sa ministre des Télécommunications au cours d’une cérémonie officielle. Quelques mots qui semblent à contre-courant, où le président algérien félicite ses concitoyens pour leur maturité, avant d’ajouter que le pluralisme démocratique en Algérie est désormais une réalité palpable.

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"Ils veulent nous faire croire qu'ils nous comprennent." Des mots qui sonnent comme une provocation pour Maria, une étudiante de 19 ans. "Ils veulent nous faire croire qu'ils nous comprennent. Ils veulent nous faire croire qu'ils sont fiers de leur peuple donc ils essayent de faire croire que le peuple est entendu et que c'est grâce à eux que nous avons cet éveil des consciences alors qu'absolument pas. Ils veulent juste inciter à la haine, ils veulent juste nous pousser à agir par colère", confie-t-elle.

Le président algérien ne s’arrête pas là. Il met en garde contre des infiltrations du mouvement par des puissances étrangères. Elles pourraient susciter la "Fitna", dit-il, à savoir le désordre ou la guerre civile en arabe. Des mots lourds de sens en Algérie et qui choquent d’autant plus ses opposants car ils ne sont pas directement prononcés par le chef de l’État. Des mots qui laissent une nouvelle fois chez les manifestants, l’impression d’un manque de respect d’Abdelaziz Bouteflika envers sa population.

Europe 1
Par Jean-Sébastien Soldaïni et Nour Chahine, édité par Grégoire Duhourcau