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Isabelle Ory, avec AFP , modifié à
Comment sanctionner la Biélorussie ? Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Union Européenne ont annoncé lundi qu'ils allaient durcir leurs sanctions à l'encontre du régime biélorusse. L'UE accuse Alexandre Loukachenko d'instrumentaliser la crise migratoire en représailles des sanctions européennes suite à la répression des opposants dans le pays.

Les migrants continuent d'être poussés par les forces biélorusses vers la Pologne et l'Union européenne cherche sa réponse. Les ministres européens des Affaires étrangères se réunissent ce lundi à Bruxelles. Ils doivent se mettre d'accord sur les sanctions, estimant que la Biélorussie a orchestré ces tensions en réplique à une précédente vague de sanctions mise en place après la répression de l'opposition dans ce pays.

Alexandre Loukachenko et 166 Biélorusses visés

L'UE a "modifié son régime de sanctions afin de pouvoir répondre à l'instrumentalisation des êtres humains à laquelle se livre le régime bélarusse", selon un communiqué publié ce lundi lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept à Bruxelles. "Nous allons encore durcir les sanctions", a indiqué le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas.

Des compagnies aériennes, des agences de voyages, des hôtels et bien sûr le régime biélorusse sont dans le collimateur des européens. Les sanctions européennes contre des responsables du régime bélarusse visent actuellement 166 personnes, dont le président Alexandre Loukachenko. Elles consistent en un gel des avoirs et une interdiction d'entrée dans l'UE. L’objectif est de faire pression sur le régime biélorusse pour tarir les flux d’hommes et de femmes qui arrivent en Biélorussie en croyant avoir gagné un passage vers l’Europe.

Les sanction portent déjà leurs fruits

Le simple fait d’agiter la menace de ces sanctions a déjà produit quelques effets. Par exemple, la Turquie a annoncé vendredi qu’elle interdisait désormais aux citoyens irakiens, syriens et yéménites d’acheter dans ses aéroports des billets pour Minsk. La compagnie syrienne Cham Wings, qui affrétait des avions depuis Damas, a également reculé. Ce weekend, elle a annoncé qu’elle suspendait tous ses vols immédiatement.

C’est le résultat d’une offensive diplomatique tous azimuts. Les capitales comme Paris et Berlin passent des coups de fils. La Commission européenne, elle, a envoyé un émissaire aux Emirats et au Liban, qui sera à Bagdad demain. L’Europe met la pression : "C’est le moment où elle compte ses amis", résume Bruxelles.