Comme son voisin français, le nouveau gouvernement britannique fait face au dérapage de ses comptes publics et dépasse désormais les prévisions dressés en début d'année. Face à la situation, le nouveau ministre des Finances assure "être déterminé à respecter nos(les) règles budgétaires".
Le déficit public britannique a dérapé en juillet : il est désormais plus élevé que prévu, en cumulé, depuis le début de l'exercice fiscal, selon des chiffres publiés vendredi qui mettent sous pression le nouveau ministre des Finances John Healey, à deux mois de son premier budget.
Le gouvernement du Premier ministre Andy Burnham, arrivé en juillet à Downing Street et qui a fait de la lutte contre la vie chère une priorité, est attendu au tournant par les Britanniques pour son premier budget, qui sera présenté le 28 octobre.
L'État britannique déjà sous pression
L'exécutif s'est appliqué ces dernières semaines à rassurer le marché de la dette, en promettant de respecter les règles d'équilibre budgétaires fixées par le précédent gouvernement, mais la hausse du déficit risque de réduire sa marge de manœuvre.
En outre, ce dérapage intervient alors que les obligations d'État britanniques (appelées "gilts") sont déjà sous pression, dans un contexte de hausse des rendements des bons du Trésor américain, qui renchérit le coût de l'emprunt sur les marchés pour Londres.
"La hausse des coûts d'emprunt est un phénomène mondial, qui dépasse largement les seuls États-Unis", indique Richard Hunter, analyste chez interactive investor. La différence entre les dépenses totales du secteur public et ses recettes s'est élevée à 1,8 milliard de livres (2,1 milliards d'euros) en juillet, en hausse de 68,7% sur un an, a indiqué vendredi l'Office national des statistiques (ONS) dans son rapport mensuel.
"Nous sommes déterminés à respecter nos règles budgétaires"
Cela représente 2,3 milliards de plus que ce qui était prévu par l'Office for Budget Responsibility (OBR), qui établit les prévisions économiques officielles du Royaume-Uni. En cumulé depuis le début de l'exercice fiscal annuel britannique, début avril, l'emprunt public atteint 56,7 milliards de livres (66,2 milliards d'euros), là encore supérieur aux prévisions - même si ce chiffre est en baisse sur un an.
"La discipline budgétaire est le socle de la stabilité économique du Royaume-Uni et de notre sécurité nationale, c'est pourquoi nous sommes déterminés à respecter nos règles budgétaires", a insisté le ministre des Finances John Healey dans un communiqué.
"Les choix seront probablement difficiles", prévient Joe Nellis, économiste chez MHA, pour qui le gouvernement "devra trouver une combinaison de recettes fiscales supplémentaires, d'un contrôle plus strict des dépenses et de modifications ailleurs dans ses plans économiques afin d'équilibrer les comptes".