Des dizaines de milliers de jeunes ont manifesté dans des dizaines de villes allemandes pour plus de moyens pour l'éducation, à l'appel du collectif "GenZ regelt", inspiré du mouvement français. Des heurts ont éclaté en soirée à Cologne, Hambourg et Francfort, avec canons à eau et gaz lacrymogènes.
Policiers et manifestants se sont affrontés en Allemagne, où des dizaines de milliers de jeunes sont descendus dans la rue pour réclamer davantage de moyens pour l'éducation, en s'inspirant du mouvement français.
À l'appel du collectif "GenZ regelt" ("la Génération Z s'en charge"), des cortèges se sont formés dans des dizaines de villes, dont Berlin, Francfort et Cologne. Sur son site, le collectif proteste contre la misère des écoles, la vie chère et l'éventuelle réintroduction du service militaire, et alerte sur le réchauffement climatique.
Les manifestants brandissaient des pancartes proclamant "Il est temps de résister" ou "Merz doit partir". "Nous descendons dans les rues pour une existence accessible à tous", a déclaré sa porte-parole, Veronika Dinter. "Plus personne ne croit encore en un avenir meilleur si tout continue comme ça."
La participation est apparue inférieure aux prévisions : 170 000 personnes s'étaient inscrites en ligne selon les organisateurs, mais la police a compté 5 000 manifestants à Berlin et 8 000 à Francfort, et plusieurs milliers à Cologne.
Des tensions en soirée dans plusieurs villes
Des milliers de policiers avaient été déployés. Après des manifestations pour la plupart pacifiques, des tensions ont éclaté dans la soirée. Des défilés ont été temporairement interrompus à Cologne et à Francfort après des jets d'engins pyrotechniques. À Cologne et à Hambourg, la police a utilisé des canons à eau, affirmant que des manifestants avaient ciblé les secours avec des feux d'artifice.
À Francfort, elle a aussi eu recours à des gaz lacrymogènes. "Des incidents impliquant des jets de pierres et de feux d'artifice à l'encontre des services d'urgence continuent de se produire", a indiqué la police sur X. À Berlin, des bouteilles et des œufs ont été lancés, tandis que des barricades ont été incendiées à Hambourg.
Crainte de violences et distances prises
Les autorités redoutaient que ces rassemblements, coïncidant avec Halloween, soient entachés de violences comme dans d'autres pays européens. Inquiet d'une participation de militants radicaux venus de l'étranger, le ministère de l'Intérieur est en contact avec les autorités françaises et italiennes, tout en distinguant les "manifestations étudiantes pacifiques" d'une "mouvance extrémiste violente".
La ministre de la Famille, Karin Prien (CDU), a exhorté les jeunes à ne pas se laisser "instrumentaliser par l'extrême droite ou l'extrême gauche". "GenZ regelt" assure rejeter toute violence : "Les groupes extrémistes, les symboles anticonstitutionnels, le racisme et les discours de haine n'ont pas de place chez nous."
Critiquant "l'extrême manque de transparence" du mouvement, la BSK, organisation représentant les élèves des régions allemandes, ne participait pas aux manifestations. Elle appelle à manifester "pacifiquement" le 20 novembre pour de "meilleures conditions d'éducation".
L'éducation relève des États régionaux, ce qui entraîne de fortes disparités, mais les moyens alloués aux établissements reculent, comme dans de nombreux pays européens.