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L'UE choisit Lille pour le siège de la future Autorité douanière européenne

[Nicolas Economou nurphoto nurphoto via AFP]

Lille a été choisie mercredi pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne, face à huit autres villes candidates, dont Rome qui était finaliste, selon des sources officielles. La métropole du nord de la France était en concurrence avec Rome, Varsovie, Zagreb, Bucarest, La Haye, ainsi que Liège, Porto et Malaga.

Lille a été choisie mercredi pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne, face à huit autres villes candidates, prenant ainsi sa revanche après avoir vu lui échapper l'Autorité européenne du médicament en 2017.

La métropole du nord de la France, chef lieu de la région des Hauts-de-France, était en concurrence avec Rome, finaliste, ainsi que Varsovie, Zagreb, Bucarest, La Haye, Liège, Porto et Malaga.

La décision a été prise conjointement par le Parlement européen et le Conseil de l'UE, l'instance qui représente les 27 Etats membres, via une procédure spéciale. Le Conseil et le Parlement européen avaient chacun préséléctionnés Lille et Rome, sans se concerter. Il a fallu ensuite trois tours de scrutin pour les départager.

L'Autorité douanière de l'Union européenne (également connue sous son acronyme anglais EUCA) doit voir le jour en 2028. Sa création est l'un des principaux éléments de la réforme du système douanier européen, avec une nouvelle plateforme des données douanières, qui centralisera les informations des 27 Etats membres.

"Au carrefour de l'Europe"

"Fier de cette victoire collective : élus, entreprises, universités, une mobilisation exemplaire de tout le territoire", s'est félicité le maire de Lille, Arnaud Deslandes, sur le réseau X (ex-Twitter). "Notre position au carrefour de l'Europe, notre ambition : tout nous désignait", a-t-il souligné.

"Des emplois. Du rayonnement. Et une nouvelle fois, la preuve que les Hauts-de-France sont au coeur de l'Europe", a salué de son côté Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France.

"C'est un choix judicieux", a estimé l'eurodéputé néerlandais Dirk Gotlink (PPE, droite), l'un des représentants du Parlement dans cette procédure. "La France est l'un des principaux pays douaniers d'Europe, un colis sur trois entrant dans l'UE transite par son territoire. La situation stratégique de Lille, au carrefour de l'Europe, en fait le centre névralgique de cette autorité. Ce choix envoie un signal clair : la France jouera un rôle central dans l'avenir de notre union douanière", a-t-il souligné dans un communiqué.

Selon les propositions de la Commission européenne, la future agence devrait employer 250 personnes en équivalent temps plein d'ici 2034. Elle aidera à moderniser les procédures de contrôle et de taxation des biens importés dans l'UE, alors que les services douaniers européens sont de plus en plus engorgés par l'afflux de colis de faible valeur en provenance de Chine.

Installé à Euralille

Des auditions s'étaient déroulées fin janvier au Parlement européen pour aider à départager les candidatures. Celle de Lille avait été défendue à cette occasion par l'ex-ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, et le président du conseil régional des Hauts-de-France, Xavier Bertrand.

L'Autorité sera installée dans un bâtiment du quartier d'affaires d'Euralille, à deux pas des gares de Lille-Flandres et Lille-Europe.

La France avait fait valoir la situation géographique privilégiée de la capitale des Hauts-de-France, située "au carrefour des grandes routes de la logistique et du commerce international européen", et à une demi-heure de Bruxelles, des institutions européennes et de l'Organisation mondiale des douanes.