"L’eau salée attaque directement le marbre de la Basilique" : à Venise, les monuments durement touchés par les inondations

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Venise est touchée depuis le début de la semaine par un épisode exceptionnel d’acqua alta, le plus violent depuis plus de 50 ans. L’inondation n’épargne aucun quartier de la ville, et surtout aucun des monuments les plus célèbres de la cité des Doges. Les dégâts sont considérables.
REPORTAGE

La Sérénissime sera-t-elle à nouveau inondée, comme en début de semaine ? Une nouvelle acqua alta est attendue vendredi en fin de matinée à Venise, où l'état d'urgence a été décrété. Une marée haute, avec un pic annoncé à 1,40 mètre avec de fortes averses et du vent. Cette nouvelle inondation risque d'aggraver encore la situation dans la ville, l’une des plus connues du monde, déjà très durement touchée. Les palais, les musées, les églises ont été inondées, et les dégâts dépasseraient le milliard d'euros.

"C’est un signal, cette montée des eaux"

Et même la célébrissime Basilique Saint-Marc a été rudement touchée. "L’eau salée attaque directement le marbre de la Basilique", déplore monseigneur Angelo Pagan. "Touchez avec votre main, l’eau stagne, vous sentez le mur s’effrite". Du vestibule jusqu’à l’autel, sous les mosaïques de l’ancien Testament, les plafonds dorés et les marbres de l’édifice, le sol est encore humide et les colonnes regorgent d’eau.

C’est pire encore dans la crypte. "La tombe ici d’un Patriarche a été soulevée par la force de l’eau. Elle s’est ouverte et l’eau s’est infiltrée", témoigne l’archiprêtre. "C’est un signal cette montée des eaux. Il faut agir, il faut arrêter de réparer, il faut prévenir", poursuit l’homme d’Eglise, qui évalue les besoins à huit millions d’euros selon l’archiprêtre.

"Je vis à Venise depuis une dizaine d’années. C’est une chose que je n’avais jamais vue"

Le long du canal, le Palazzo Grassi, musée d’art contemporain, espère ouvrir ses portes au plus vite. "Dans l’atrium que vous voyez ici, il y avait une vingtaine de centimètres d’eau", assure le Français Martin Betehenod, son directeur. Malgré une mosaïque inondée, toutes les œuvres ont pu être sauvées.

Mais l’avenir est sombre. "Je vis à Venise depuis une dizaine d’années. C’est une chose que je n’avais jamais vue, donc cette très grande violence, c’est quelque chose qui nous a tous beaucoup frappés", poursuit le français expatrié. "Je reste malgré tout vigilant", dit-il, les yeux rivés dans les prochaines heures sur les prévisions météo.

Europe 1
Par Pauline Jacot, édité par Rémi Duchemin