Le régime turc utilise-t-il sa diaspora comme "cheval de Troie" en France ?

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Ankara utiliserait ses réseaux et une partie de sa diaspora pour diffuser des idées rigoristes en France (photo d'illustration). 0:59
Ankara utiliserait ses réseaux et une partie de sa diaspora pour diffuser des idées rigoristes en France (photo d'illustration). © AFP
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Selon une enquête publiée dimanche par le "JDD", la Turquie de Recep Tayyip Erdogan utiliserait ses réseaux et une partie de sa diaspora pour imposer certaines de ses idées en France, sur l'islam rigoriste notamment. Europe 1 a interrogé le journaliste Mohamed Sifaoui, auteur de cette enquête. 
INTERVIEW

La Turquie de Recep Tayyip Erdogan serait-elle en train de s'infiltrer en France et d'y imposer certaines de ses idées ? C'est ce qu'affirme une enquête du Journal du Dimanche, selon laquelle Ankara utiliserait ses réseaux et une partie de sa diaspora, encourageant notamment la naissance d'associations pour accroître son influence sur le sol français. 

"Une vision islamiste de la religion musulmane"

"Ces actions visent plusieurs objectifs", explique au micro d'Europe 1 le journaliste Mohamed Sifaoui, qui signe cette enquête basée sur plusieurs notes du renseignement, intérieur et extérieur. "D'abord, améliorer l'image du régime turc auprès de la diaspora et auprès de la société française. Puis, défendre l'image d'Erdogan coûte que coûte. Et enfin, évidemment, la diffusion d'une vision islamiste de la religion musulmane."

Le journaliste cite pour exemple "la dernière charte voulue par Emmanuel Macron", la charte des principes présente dans la loi confortant les principes républicains, actuellement examinée par le parlement. "Elle n'a pas été signée par les deux fédérations turques, à la demande d'Ankara, parce que c'est une charte qui rappelle des principes fondamentaux qui sont importants pour la République et qui sont clairement combattus par le régime turc", assure Mohamed Sifaoui. "Ce que fait le régime turc, c'est véritablement utiliser tout ou partie de sa diaspora comme cheval de Troie, afin de gêner les autorités françaises et de les empêcher de mener les politiques qu'elles ont envie de mener souverainement chez elles."

 

Europe 1
Par Marion Gauthier, édité par Margaux Lannuzel