La Garde suisse pontificale assure la protection du pape Léon XIV lors de sa visite en Espagne, aux côtés d'un important dispositif de sécurité. Corps militaire historique du Vatican, elle combine tradition, discipline stricte et techniques modernes de protection rapprochée.
En visite de sept jours en Espagne, le pape Léon XIV bénéficie d'un dispositif de sécurité exceptionnel. À Madrid comme à Barcelone, où il doit inaugurer une tour de la Sagrada Familia, il est protégé par un important dispositif policier, complété par sa garde rapprochée.
Au cœur de ce système : la Garde suisse pontificale, corps militaire chargé de la protection du souverain pontife depuis plus de cinq siècles.
Un corps militaire entre tradition et modernité
Souvent perçue comme une unité cérémonielle héritée de la Renaissance, la Garde suisse est aujourd'hui une véritable force de protection rapprochée.
Le père Jean-Dominique, auteur d'un reportage consacré à ce corps d'élite, insiste sur cette évolution. "On perçoit souvent les gardes comme un vestige pittoresque de la Renaissance, alors qu'il s'agit en réalité d'un corps militaire moderne", explique-t-il.
Derrière l'uniforme coloré se cache une formation rigoureuse, adaptée aux exigences contemporaines de sécurité.
Protection rapprochée et entraînement tactique
Les gardes suisses assurent un dispositif de protection en plusieurs niveaux autour du pape. Au plus près du souverain pontife, une première bulle de sécurité est complétée par des cercles extérieurs de surveillance.
Leur formation inclut des techniques de protection rapprochée, de close combat et de gestion des situations à risque, comparables à celles utilisées pour les chefs d'État.
Ils s'entraînent également au maniement des armes, notamment de poing, et à la gestion de crise.
La négociation avant la force
Au-delà de l'aspect opérationnel, la doctrine de la Garde suisse met l'accent sur la désescalade.
"La première arme face à quelqu'un qui a un comportement difficile, ce n'est pas de frapper, c'est de négocier, d'inviter au calme", souligne le père Jean-Dominique. Cette approche s'inscrit dans une logique de protection avant tout préventive.
Une vocation de service
Recrutés jeunes, célibataires et de nationalité suisse, les gardes sont tous catholiques. Leur engagement repose sur une dimension à la fois spirituelle et professionnelle.
"Le principal moteur, c'est le désir de servir", confie un ancien garde. Ils vivent en caserne au Vatican, où se construit une vie collective fondée sur la discipline, la cohésion et le service du pape.