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Le pape Léon XIV arrive en Argentine, deuxième étape de sa tournée en Amérique du Sud

Le pape Léon XIV arrive en Argentine, deuxième étape de sa tournée en Amérique du Sud [Marcelo Endelli / Getty Images South America / Getty Images via AFP]

Le pape Léon XIV est arrivé dimanche en Argentine, deuxième étape entre Uruguay et Pérou d'une dense tournée de 12 jours en Amérique latine, son premier voyage après une opération pour un cancer du poumon il y a près de quatre semaines.

En quatre jours en Argentine, le pape Léon XIV, accueilli à l'aéroport de Buenos Aires par le président Javier Milei, doit célébrer trois messes en plein air et visiter une prison, un foyer de handicapés et un important lieu de pèlerinage local.

la première visite d'un pape en Argentine depuis près de 40 ans

Dès dimanche, Léon XIV doit s'entretenir avec le dirigeant ultralibéral, dont l'Église catholique argentine a souvent dénoncé le coût social des politiques d'austérité. Le souverain pontife de 71 ans effectue une ambitieuse tournée de 12 jours sur le continent où il a oeuvré vingt ans comme missionnaire et évêque.

Après trois jours en Uruguay, pays le plus laïc d'Amérique latine, il effectue la première visite d'un pape en Argentine depuis Jean-Paul II il y a près de 40 ans. Le chef des 1,4 milliard de catholiques dans le monde devrait s'y exprimer en défense des pauvres et des plus vulnérables, sur fond de tensions sociales dans le pays.

La foi catholique est en perte de vitesse, mais toujours largement majoritaire, partagée par 57,7% de 46 millions d'Argentins selon une récente enquête de l'Université de Buenos Aires.

Sur les pas de François

Ce déplacement a aussi une dimension de consolation, dans une Argentine triste que son prédécesseur François, ancien archevêque de Buenos Aires, ne soit jamais revenu au pays en 12 ans de pontificat, jusqu'à sa mort en 2025.

À Buenos Aires, la fièvre papale était encore peu perceptible dimanche, journée que Léon XIV devait surtout consacrer à des activités fermées au public, entre sa réunion avec Javier Milei et un discours devant les autorités, la société civile et le corps diplomatique. Mais selon les autorités, jusqu'à sept millions de personnes sont attendues sur quatre jours, sur les déplacements du pape.

"On se sent très ému. C'est un évènement historique", a dit à l'AFP Magdalena, ergothérapeute de 40 ans, venue avec sa fille de 10 ans, parmi plusieurs centaines de personnes aux abords d'une place de Buenos Aires où Léon XIV devait déposer une gerbe au héros de l'indépendance sud-américaine, José de San Martin.

"J'espère que cela apportera la paix et plus d'union entre les Argentins. C'est un moment de profonde division dans le pays", déplore Magdalena. Léon XIV ira en Argentine à la rencontre de personnes âgées, handicapées et de détenus. Il devrait appeler à la protection des plus vulnérables face à l'austérité, qui a poussé des millions d'Argentins dans la pauvreté.

Susana Arauz, avocate de 75 ans, veut croire que le pape "prendra position" contre un "gouvernement despotique qui maltraite les plus vulnérables". Javier Milei est arrivé au pouvoir fin 2023 en promettant de juguler une inflation galopante, en réduisant à la "tronçonneuse" l'État-providence, visant en particulier santé publique, universités et retraites.

"Une Argentine en crise" 

Mais près de 300.000 emplois ont été perdus en trois ans, privés et publics. Et le taux de pauvreté, après plusieurs variations, a rebondi en 2026 pour toucher près d'un Argentin sur trois.

Javier Milei, qui se qualifie d'"anarcho-capitaliste", a maintes fois exprimé son rejet de la justice sociale, selon lui une "aberration", "profondément injuste car elle prend à certains et donne à d'autres". La justice sociale est un thème fort de l'Encyclique Magnificas humanitas de Léon XIV, qui y consacre un chapitre.

L'Église locale a plus d'une fois réprimandé le coût social de l'austérité de Milei, l'archevêque de Buenos Aires, Jorge Garcia Cuerva, estimant encore le mois dernier que "le pape est attendu par une Argentine en crise", où "souffre un trop gros pourcentage de personnes en grande difficulté".

Proche allié du président américain Donald Trump, avec un style offensif similaire, Javier Milei entretenait une relation tendue avec le pape François. En campagne, cet économiste médiatique avait traité son compatriote "d'imbécile" pour sa défense de la justice sociale. À la suite de son élection, il avait considérablement baissé le ton, présentant des excuses publiques, avant d'être chaleureusement reçu au Vatican en février 2024.

Avec Léon XIV, ses relations sont jusqu'ici cordiales. Le premier pape américain, qui détient également la nationalité péruvienne, se rendra symboliquement lundi "chez" François, à la cathédrale de Buenos Aires, pour présider des vêpres.