Le Honduras s'est engagé à travailler avec les agences de sécurité des États-Unis pour lutter contre le narcotrafic, lors d'une rencontre entre Kristi Noem, émissaire spéciale de Washington pour l'Amérique latine, et le président hondurien, Nasry Asfura.
Début mars, le président des États-Unis, Donald Trump, avait annoncé une alliance avec plusieurs pays latino-américains pour "détruire" les cartels de la drogue, lors d'un sommet en Floride auquel a participé M. Asfura, parmi d'autres dirigeants de droite de la région.
Le Honduras est l'un des pays les plus violents d'Amérique centrale, où opèrent les gangs Mara Salvatrucha et Barrio 18, responsables de la plupart des homicides et du narcotrafic dans le pays, et déclarés organisations terroristes par Washington.
"Combattre plus efficacement le crime"
La visite de Mme Noem a permis d'aborder des dossiers comme la migration et la sécurité sur lesquels "travailler ensemble", a déclaré à la presse M. Asfura après s'être entretenu avec Mme Noem à la Maison présidentielle, à Tegucigalpa. Cette dernière a quitté les lieux sans faire de déclaration.
"Nous nous engageons à mettre tout notre zèle à pouvoir faire travailler de manière coordonnée nos institutions nationales et les différentes agences fédérales des États-Unis pour combattre plus efficacement le crime", a affirmé le ministre de la Sécurité, Gerson Velásquez.
Parmi les "sujets stratégiques" abordés dans le cadre de l'initiative de M. Trump figurent "le renforcement de la cybersécurité, la lutte sans merci contre le narcotrafic et le crime organisé", a indiqué le gouvernement hondurien dans un communiqué. Il a également été convenu, selon ce communiqué, de renforcer la police et l'armée honduriennes "au moyen d'une assistance technique spécialisée".
Une réforme pénale pour durcir les lois contre le crime organisé en préparation
Mme Noem, figure de proue de la la politique d'expulsions massives d'immigrés américaine, a été démise le 6 mars de ses fonctions de secrétaire à la Sécurité intérieure par M. Trump, qui lui a confié la mission d'émissaire spéciale pour l'Amérique latine, afin de former une alliance en matière de sécurité avec des pays tels que le Salvador, l'Argentine, le Costa Rica, l'Équateur et le Panama.
Le Honduras prépare une réforme pénale pour durcir les lois contre le crime organisé, dans une Amérique latine où certains gouvernements cherchent à adopter des éléments de la lutte radicale contre les gangs du président salvadorien, Nayib Bukele, très critiqué par les organisations de défense des droits humains.
L'arrivée au pouvoir en janvier de M. Asfura a tourné la page de quatre années de gouvernement de gauche au Honduras et assuré au président Trump un allié de plus en Amérique latine, après l'avènement de la droite au Chili, en Bolivie, au Pérou et en Argentine.