Nouveau bras de fer entre la France et l'Algérie. Au cœur des tensions cette fois, les déchets des essais nucléaires menés par la France dans les années 50-60 dans le Sahara. Alors que le torchon brûle entre nos deux pays depuis que la France a reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, Alger remet sur la table ce vieux contentieux avec Paris. Dans un nouveau texte de loi, l'Algérie vient d'inscrire l'obligation pour la France de décontaminer son désert.
"Je ne demande ni euros, ni dollars, mais la dignité de nos ancêtres", déclare il y a un mois le président algérien Tebboune, en référence à la politique d'indemnisation proposée par la France. Mais en réalité, les deux pays sont responsables des essais nucléaires menés en partie après l'indépendance, explique Patrice Bouveret, cofondateur de l'Observatoire indépendant des armements.
Un sujet urgent
"Des deux côtés, il n'y a pas de volonté réelle de travailler sur les conséquences pour essayer de les réduire", regrette-t-il au micro d'Europe 1. Le dossier est ouvert depuis 2008, mais l'action a laissé place à l'instrumentalisation. "L'Algérie utilise beaucoup les questions mémorielles, et notamment les questions de la colonisation, pour éviter peut-être de prendre en charge ou de régler certains problèmes en interne. Or, la France ne peut pas aller en Algérie car l'Algérie est souveraine, donc elle ne peut pas y aller comme ça sans qu'il y ait un accord soit fait", assure-t-il.
En attendant, le nombre d'Algériens malades à cause de l'exposition nucléaire se chiffre en milliers, insiste-t-il, soulignant l'urgence qu'Alger et Paris s'entendent enfin sur ce sujet.