La mère de deux enfants, âgés de 3 et 5 ans et de nationalité française, retrouvés seuls mardi sur une route du Portugal dans le sud du pays, est activement recherchée par les autorités françaises et portugaises. Une information judiciaire pour "délaissement de mineurs" a été ouverte.
Les autorités françaises et portugaises recherchent activement jeudi la mère de deux garçons âgés de trois et cinq ans, retrouvés seuls mardi soir au bord d'une route dans le sud du Portugal, une dizaine de jours après leur disparition dans l'est de la France.
Le parquet de Colmar a précisé jeudi à l'AFP avoir ouvert une information judiciaire pour "délaissement de mineurs", ajoutant que la mère, une femme de 41 ans domiciliée dans cette ville du Haut-Rhin, était "activement recherchée" après avoir "disparu sans donner d'explications" en compagnie des deux garçons.
Le père "est comme tout le monde, il ne comprend pas"
Le père des enfants, qui est séparé d'elle, s'est présenté spontanément à la police et a déposé plainte pour soustraction de mineurs. "Il est comme tout le monde, il ne comprend pas", a déclaré le procureur Jean Richert.
La famille de la mère avait signalé sa disparition inquiétante le 11 mai : "Ce qui était étonnant, c'est qu'elle n'était pas chez elle, n'avait pas de raison de ne pas y être, et n'a prévenu personne", a retracé le procureur, pour qui l'information judiciaire devra "éclairer les circonstances de ce départ précipité".
L'enquête a établi que la mère était partie en voiture. "On a pu resserrer sa localisation, successivement dans le sud de la France, en Espagne et au Portugal, mais sans pouvoir entrer en contact avec elle", a encore décrit le magistrat.
Les enfants "en observation"
Au Portugal, une "procédure judiciaire urgente" a aussi été ouverte jeudi matin auprès du tribunal de la famille et des mineurs de Santiago do Cacém, dans le sud du pays, a indiqué à l'AFP le Parquet général de la République. "Les enfants ont été conduits à l'hôpital, où ils se trouvent en observation", a ajouté cette source, sans autre précision.
Chargée par le parquet d'enquêter sur "des faits de mise en danger ou d'abandon", la Police judiciaire a confirmé que les enfants avaient été retrouvés "apparemment perdus et abandonnés par leur mère", et que ses inspecteurs cherchaient désormais à retrouver sa trace.
Les enfants abandonnés les yeux bandés
Les petits garçons ont été retrouvés mardi soir sur la route nationale 253 reliant la ville d'Alcacer do Sal à la station balnéaire de Comporta, à une centaine de kilomètres au sud de Lisbonne.
D'après les premiers éléments cités dans les médias locaux, la mère des enfants et son compagnon les auraient abandonnés munis de sacs à dos contenant de l'eau, des biscuits, des fruits et des vêtements de rechange, mais dépourvus de documents d'identité.
Selon ces informations de presse, les deux adultes auraient bandé les yeux des enfants en leur faisant croire qu'il s'agissait d'un jeu pendant qu'ils repartaient en voiture.
"Tout va s'arranger"
Les deux enfants ont été repérés, en pleurs, par un automobiliste, qui les a conduit jusqu'à la boulangerie tenue par sa famille avant d'alerter les autorités. "Nous leur avons demandé s'ils aimaient les glaces... et nous leur avons donné à manger, quelques jouets et ils sont restés là, occupés", a témoigné cet automobiliste, Alexandre Quintas, au média en ligne Observador.
"Lorsque mon frère se rendait au travail, il a vu deux enfants au bord de la route. Ils se sont approchés de la voiture en pleurant", a raconté Artur Quintas à la chaîne CNN Portugal. "Mon frère s'est arrêté, il les a fait monter dans la voiture et leur a dit "Calmez-vous, tout va s'arranger". Et il les a amenés ici, près de nous, à la maison", a-t-il ajouté.
Selon Expresso, les autorités portugaises s'efforcent désormais de confier les enfants à un tuteur ou à une famille d'accueil, avant leur probable retour en France auprès de la famille paternelle. Une fois sortis de l'hôpital de Setubal (sud), ils devraient être pris en charge par l'ambassade de France, qui n'a à ce stade pas répondu aux sollicitations de l'AFP.