Italie : Giuseppe Conte renonce à être Premier ministre

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Giuseppe Conte avait été choisi par le M5S et la Ligue pour être président du Conseil.
Giuseppe Conte avait été choisi par le M5S et la Ligue pour être président du Conseil. © VINCENZO PINTO / AFP
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L'avocat Giuseppe Conte a renoncé à être Premier ministre du gouvernement italien, en raison de désaccords avec le président sur la composition du gouvernement. 

Nouveau rebondissement dans la vie politique italienne. Giuseppe Conte a renoncé dimanche, après avoir été reçu par le président italien Sergio Mattarella, à être Premier ministre, alors qu'il avait été désigné pour occuper ces fonctions par les antisystème du Mouvement 5 Etoiles (M5S) et le parti d'extrême droite La Ligue, a annoncé dimanche soir la présidence. "Le Président du conseil désigné Giuseppe Conte a remis son mandat au président Mattarella", a annoncé le secrétaire général de la présidence à l'issue d'une entrevue entre les deux hommes.

"J'ai fourni le maximum". Giuseppe Conte, 53 ans, un juriste novice en politique, avait été désigné mercredi mais il devait encore confirmer cette nomination et présenter une liste de ministres que le chef de l'Etat accepte pour que celle-ci soit effective. "Je peux vous assurer que j'ai fourni le maximum d'efforts et d'attention pour mener à bien cette tâche et l'avoir fait dans un climat de pleine collaboration avec les responsables des forces politiques qui m'ont désigné", a déclaré Giuseppe Conte devant la presse.

Le ministère de l'Economie en question. Sa démission est liée à des désaccords avec la présidence sur la composition du gouvernement. D'après Le Monde, les discussions ont buté sur le nom du futur ministre des Finances : Giuseppe Conte voulait nommer Paolo Savona, 81 ans et eurosceptique affiché, opposé à l'euro. Ce que refuse catégoriquement le président italien, qui a toujours le dernier mot sur la composition du gouvernement.

Luigi Di Maio et Matteo Salvini, les chefs de file du M5S et de la Ligue, ont exprimé leur fureur dimanche soir. "Il y a un grand problème en Italie : la démocratie", a notamment dit Luigi Di Maio, jugeant "incompréhensible" le veto mis par Sergio Mattarella sur Paolo Savona. "Nous étions prêts à gouverner et on nous a dit non, parce que le problème est les que les agences de notation dans toute l'Europe étaient inquiètes à cause d'un homme qui allait devenir ministre de l'Economie", a-t-il dénoncé, pointant aussi du doigt les "lobbies financiers". Le leader du M5S a par ailleurs indiqué dimanche soir qu'il comptait invoquer l'article 90 de la Constitution, qui permet de mettre en accusation le chef de l'Etat pour "haute trahison" ou "atteinte à la Constitution", afin de le faire destituer.

De son côté, Sergio Matterella dit assumer son refus de nommer Paolo Savona au ministère de l'Economie car "la désignation du ministre de l'Economie constitue toujours un message immédiat de confiance ou d'alarme pour les opérateurs économiques et financiers". Et pour le président italien, "l'adhésion à l'euro est un choix d'une importance fondamentale pour les perspectives de l'Italie et de sa jeunesse".

Vers de nouvelles élections législatives. Désormais, Sergio Mattarella devrait désigner un nouveau président du Conseil, sans chercher l'aval de deux partis majoritaires. Ce "gouvernement du président", qui n'obtiendra surement pas la majorité au Parlement, sera chargé de gérer les affaires courantes jusqu'à l'organisation de nouvelles élections. D'après le leader de la Ligue, Matteo Salvini, la seule solution est en effet la tenue de nouvelles élections législatives, qui pourraient avoir lieu à l'automne prochain. 

Le président convoque un ancien du FMI. Sergio Mattarella a convoqué l'économiste Carlo Cottarelli lundi matin à la présidence italienne. Âgé de 64 ans, Carlo Cottarelli a été haut responsable au Fonds monétaire international (FMI) et s'est vu attribuer le surnom de "Monsieur Ciseaux" quand il a été chargé de la révision des dépenses publiques par le gouvernement d'Enrico Letta (centre gauche) en 2013. Aujourd'hui directeur de l'Observatoire des comptes publics, il a multiplié les mises en garde sur le coût économique du programme de gouvernement signé par le M5S et la Ligue. Sa désignation, selon toute vraisemblance, au poste de chef du gouvernement ne devrait pas manquer d'attirer les foudres de ces deux forces politiques. 

Europe 1
Par Europe1.fr avec AFP