En novembre 2025 survenait l'incendie le plus meurtrier au monde à Hong-Kong. Devant la commission d'enquête, les rescapés se sont reprochés d'avoir été incapable de venir en aide à leurs voisins.
Des habitants qui ont réussi à échapper à l'incendie monstre qui a fait 168 morts dans un complexe résidentiel de Hong Kong en novembre 2025 se sont reprochés d'avoir été incapables de secourir ou d'alerter leurs voisins, mardi lors d'une audience devant la commission d'enquête chargée d'élucider les origines de la tragédie.
"Je suis restée là, à regarder le feu se propager"
L'incendie qui a dévasté le 26 novembre sept des huit tours de Wang Fuk Court, au nord de Hong Kong, a été le plus meurtrier au monde touchant un ensemble résidentiel depuis 1980. Ce fut le plus meurtrier à Hong Kong depuis 1948.
Trois habitants qui ont témoigné devant la commission d'enquête ont affirmé n'avoir entendu aucune alarme incendie le jour du sinistre.
Tse Yuk-wa, qui habitait un appartement au troisième étage proche du lieu supposé du départ de feu, a déclaré avoir vu de la fumée entrer dans sa cuisine, mais avoir cru qu'il s'agissait de la poussière provenant des travaux de rénovation des tours.
Un employé de la résidence l'a alors prévenue qu'il y avait un incendie en frappant à sa porte. "Je ne pouvais pas y croire", a-t-elle ajouté. "Je n'avais pas entendu d'alarme incendie".
Elle a réussi à sortir à l'extérieur avec ses deux chats, échappant au sinistre, mais en se retournant, elle a vu la fumée. "Le toit ressemblait à un poêle", a-t-elle raconté. "Je m'en veux parce que je n'ai pas été capable de remonter et de prévenir" mes voisins, a déclaré, en larmes, cette habitante. "Je suis restée là, à regarder le feu se propager".
En entendant ce témoignage, des journalistes ont sorti leur mouchoir, tandis que des habitants et des membres de l'assistance ont laissé échapper des sanglots.
Alarmes incendie désactivées
L'avocat de la commission d'enquête avait indiqué au premier jour de l'audience publique que les alarmes incendie étaient désactivées dans sept des huit immeubles.
Ko Yee-lui, une autre habitante, a fui un autre immeuble en prenant l'ascenseur après avoir vu la fumée. Elle s'est estimée chanceuse d'avoir pu échapper à l'incendie. "Mais je regrette vraiment de n'avoir frappé à aucune porte", a-t-elle déclaré.
Un autre habitant, Leung Ho-hin, a dit avoir vu deux de ses voisins tenter d'utiliser une lance à incendie, mais il n'y avait "pas d'eau".
Le juge David Lok, président de cette commission indépendante, a exhorté les habitants à ne pas se culpabiliser outre mesure. "Tout s'est passé en un instant", a-t-il souligné.
Les tours ravagées par l'incendie étaient en rénovation et recouvertes d'échafaudages en bambou, de filets de protection sans résistance au feu et de panneaux en mousse qui ont pu contribuer à la propagation rapide de l'incendie.
L'avocat du gouvernement Jenkin Suen a assuré que les autorités assumeraient leurs responsabilité et promis des "réformes systématiques".
Les éléments de preuve présentés aux audiences la semaine dernière ont montré que les services gouvernementaux n'avaient pas donné suite d'une manière efficace aux plaintes des résidents des tours au sujet des ouvriers du bâtiment qui fumaient ou l'utilisation de matériaux inflammables.