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«Ils trouvent les gens, ils y arrivent» : réfugiée en Turquie, une Iranienne raconte l'oppression de Ali Khamenei

Drapeau de l'Iran. [ATTA KENARE / AFP]

Traqués, blessés, réduits au silence. Alors que la répression se poursuit en Iran après les manifestations de janvier, des milliers d’Iraniens ont fui le pays. En Turquie, à des milliers de kilomètres de chez eux, certains livrent un rare témoignage sur la peur, la clandestinité et la rupture définitive avec leur pays.

Le chef de la diplomatie iranienne est mandaté à Washington pour des négociations qui devraient avoir lieu ce vendredi 6 février. Le nucléaire sera au cœur des discussions mais la priorité doit être de mettre fin à la répression en Iran a estimé ce mardi 3 février le ministre français des affaires étrangères Jean-Noël Barrot. 

Le régime des Mollahs a réprimé les manifestations de début janvier dans le sang. Plus de 30.000 morts, selon un bilan déjà ancien, plus de 50.000 personnes ont été arrêtées en Iran par les autorités a estimé ce 3 février, l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA). 

Un chiffre qui pourrait encore gonfler puisque la répression se poursuit. De nombreux Iraniens terrorisés ont fui en Turquie.

"Ils trouvent les gens, ils y arrivent"

À 2.000 kilomètres de sa ville natale, une ingénieure quadragénaire, qui se fait appeler Violette, se sent enfin en sécurité. Loin du régime qui traque, dit-elle, les manifestants comme son ami, compagnon d’exil.

"Ils lui ont tiré dessus. Dans la jambe. S'il retourne en Iran, il ira peut-être en prison et y sera tué car ils regardent des vidéos. À partir des visages, ils retrouvent les gens. Ces gens sont envoyés, un par un, en prison puis disparaissent. Ils trouvent les gens, ils y arrivent", témoigne-t-elle.

Une vie à se cacher

Des personnes qui vivent désormais calfeutrés en Iran à l’image de sa sœur qui tente d'échapper aux radars de la République islamique.

"Ils sont stressés. Ils n’appellent personne. Ils ne parlent à personne. Ils ne disent même plus l’endroit précis où ils se trouvent. Ils ne sortent même plus dans la rue", ajoute-t-elle. Ces mêmes rues où ils étaient des milliers à se retrouver. De l’autre côté de cette frontière qu’elle dit avoir franchi définitivement.