Au cinquième jour de guerre, Israël poursuit ses frappes contre l'Iran et au Liban, tandis que Téhéran riposte en lançant des missiles vers Israël et certains pays du Golfe. Dans ce conflit qui redessine l’équilibre du Moyen-Orient, la diaspora iranienne en France oscille entre angoisse, espoir et désir de voir tomber un régime qu’elle juge à bout de souffle.
Dans son restaurant de spécialités iraniennes, Sam ne manque aucune information depuis le début de la guerre. "Quand on se lève jusqu'au soir, quand on dort, on est sur les différents médias", confie ce Franco-Iranien. Pour lui, l’offensive menée par Israël, avec le soutien des États-Unis, était devenue inévitable. Il dit se réjouir de l’opération en cours.
"Les mollahs, je rappelle qu'ils tiraient avec des armes de guerre dans le crâne des gens, donc il fallait une intervention extérieure. S’il m’entendait, Trump, je lui dirais de continuer. Il ne faut pas s’arrêter", insiste-t-il au micro d'Europe 1.
Dans son esprit, la guerre pourrait précipiter la chute d’un régime qu’il considère affaibli depuis des années par la contestation interne et l’isolement international.
"La République islamique n’a plus d’avenir"
À quelques mètres de là, dans un café, Negar partage ce sentiment, tout en tempérant l’impatience. "C'est vrai qu'on aimerait que tout se passe en un jour, mais bon, la réalité c'est que ça ne se passe pas comme ça." Selon elle, le pouvoir en place plie sous les coups, mais ne rompt pas encore. Soheil, réfugié politique arrivé en France il y a un an, se montre encore plus catégorique.
"Je pense que les États-Unis et Israël réservent aux prochains leaders le même sort qu'à l'ancien guide suprême. La République islamique n'a vraiment plus d'avenir." Déjà, il se projette dans l’après. Il imagine un retour possible dans son pays natal et une reconstruction portée par ceux qui ont fui.
"Il y a beaucoup de gens dans la diaspora iranienne qui sont des experts dans différents domaines. Ils vont revenir en Iran et on va reconstruire le pays. Ça va être très beau". Tous évoquent aussi les victimes civiles innocentes, en Iran. Une souffrance qu’ils considèrent comme le prix tragique d’un changement qu’ils estiment nécessaire pour tourner définitivement la page du régime actuel.