Hongrie : victoire "historique" de Viktor Orban aux législatives avec 48,8% des voix

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Le parti de Viktor Orban a très largement remporté les élections législatives hongroises, et permettait au Fidesz d'avoir une nouvelle "super-majorité" lui permettant de modifier la constitution.

Et de trois. Le dirigeant national-conservateur Viktor Orban, icône des droites populistes européennes, a remporté dimanche ses troisièmes élections législatives d'affilées en Hongrie. Une victoire sans surprise au vu des résultats partiels, qui le donnaient déjà grand vainqueur de ces élections dimanche soir. "Cher amis, c'est une victoire historique aujourd'hui, nous allons pouvoir continuer de défendre la Hongrie", a-t-il clamé après la confirmation de sa victoire. 

48,8% des voix. Le succès du Premier ministre le plus controversé d'Europe est sans appel : sur la quasi-totalité des bulletins dépouillés, et avec une forte mobilisation des électeurs, le parti Fidesz obtient 48,8% des voix, avec près de trente points d'avance sur le Jobbik, formation d'extrême droite qui a abandonné la rhétorique xénophobe. Ce résultat laisse bon espoir à la future majorité de décrocher 133 sièges sur les 199 du parlement hongrois et donc une nouvelle "super-majorité" des deux-tiers, comme en 2010 et 2014, qui permet de faire voter des changements constitutionnels. 

"C'est un raz-de-marée pour le Fidesz, qui donne à Viktor Orban une énorme légitimité en raison du taux de participation élevé, y compris au plan international", a estimé le politologue Daniel Hegedus, de l'observatoire des libertés Freedom House.

Entendu sur europe1 :
Grâce à ça, on n'aura pas ce qui se passe à Paris, où des gens noirs brûlent des voitures sur les Champs-Elysées

Politique anti-immigration. "Grâce à ça, on n'aura pas ce qui se passe à Paris, où des gens noirs brûlent des voitures sur les Champs-Elysées", se réjouit au micro d'Europe 1 l'un des partisans de Viktor Orban. "Toutes ces attaques de migrants que l'on voit en Europe, ça nous fait peur. On veut qu'il continue sa politique anti-immigration", explique un autre électeur du Premier ministre. Dès 2015, Viktor Orban a fait érigé des centaines de kilomètres de clôture barbelée pour bloquer les réfugiés, qu'il assimile à des "terroristes" en puissance. 

Déjà allié avec plusieurs pays d'Europe centrale - dont la Pologne - dans sa croisade souverainiste, il a affirmé vouloir travailler avec l'Italie et l'Autriche à une alliance de pays hostiles à l'immigration musulmane. A Vienne, une coalition entre les conservateurs et l'extrême-droite est au pouvoir depuis décembre. A Rome, la Ligue de Matteo Salvini, formation d'extrême droite, est leader de la coalition de droite arrivée en tête au scrutin du 4 mars. "L'inversion des valeurs et l'immigration de masse prônées par l'UE sont à nouveau rejetées", s'est réjouie quant à elle Marine Le Pen dimanche sur Twitter.

Faire taire les opposants. Mais Viktor Orban avait surtout promis à ses électeurs des mesures de rétorsion après l'élection pour ceux qui se sont opposés à lui. "Son porte-parole vient de redire que l'une des premières mesures serait de faire fermer les organisations qui interviennent en politique", explique le politologue Boul-Tchou Hunyadi. "Ça peut être les médias indépendants, ou les travailleurs sociaux. Tous ceux qui ont une position différente du parti Fidesz". Avant l'élection, le Premier ministre avait dit vouloir prendre des mesures "morales, politiques et juridiques" contre ses adversaires dans la foulée des législatives. Il avait également assuré disposer d'une liste de 2.000 personnes payées pour renverser son gouvernement.

Depuis 2010, le parti de Viktor Orban a muselé de nombreuses institutions et contre-pouvoirs du pays, comme les médias et la justice, mais aussi l'économie et la culture. Le tout légalement, grâce à sa super-majorité au parlement et sans s'émouvoir des critiques de la Commission européenne et de nombreux observatoires internationaux. Parmi l'ensemble des mesures, baptisé "Stop Soros", on retrouve notamment un projet qui envisage de taxer les ONG "qui soutiennent l'immigration".

Europe 1
Par Théo Maneval, Ugo Pascolo avec AFP